Publié le 9 décembre 2025 à 13h58. Face à une recrudescence de l’épidémie de chikungunya, les autorités sanitaires internationales alertent les voyageurs se rendant à Cuba, au Bangladesh, au Sri Lanka et dans la province chinoise du Guangdong. Pour la première fois, un vaccin préventif est disponible, mais la vigilance reste de mise.
- Les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) américains ont émis une alerte aux voyageurs internationaux en raison d’une augmentation significative des cas de chikungunya dans plusieurs pays.
- L’Organisation mondiale de la santé (OMS) et les autorités sanitaires locales ont signalé une résurgence de la maladie, y compris dans des zones où elle était auparavant rare.
- Un vaccin préventif contre le chikungunya a été approuvé par l’Agence américaine des produits alimentaires et pharmaceutiques (FDA) pour les personnes de plus de 18 ans se rendant ou résidant dans des zones à risque.
Les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) ont lancé une alerte aux voyageurs internationaux concernant des épidémies de chikungunya détectées récemment à Cuba, au Bangladesh, au Sri Lanka et dans la province du Guangdong, en Chine. Cette alerte, diffusée le 6 décembre, souligne la nécessité pour les voyageurs de prendre des précautions renforcées, en particulier en l’absence de traitement antiviral spécifique et en raison du risque de complications liées à l’infection.
L’alerte des CDC s’appuie sur les données épidémiologiques fournies par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et les sources locales de surveillance sanitaire. Ces entités ont constaté une augmentation considérable du nombre de cas au cours de l’année 2025, ainsi qu’une réapparition de la maladie dans des régions qui n’avaient pas été touchées à grande échelle auparavant. Cette situation représente, selon les CDC, « un défi important pour la santé publique internationale », car le chikungunya a le potentiel de se propager via des voyageurs infectés et des vecteurs présents dans de vastes zones tropicales et subtropicales.
Le chikungunya est une infection virale transmise principalement par les moustiques Aedes aegypti et Aedes albopictus, présents dans les zones urbaines et semi-urbaines aux climats chauds et humides. La maladie peut se manifester de manière sporadique ou sous forme d’épidémies localisées, en fonction de la densité des vecteurs et des facteurs environnementaux.
La contagion se produit par la piqûre d’un moustique infecté. Les symptômes les plus courants incluent une forte fièvre, des douleurs articulaires soudaines, des maux de tête, des douleurs musculaires, des éruptions cutanées et, parfois, un œdème articulaire. La maladie apparaît généralement entre trois et sept jours après l’exposition au moustique et les symptômes disparaissent généralement en une semaine. Cependant, certaines personnes peuvent développer des arthralgies chroniques qui persistent pendant des mois, voire des années.
Selon les données recueillies par les CDC et validées par l’OMS, environ 445 000 cas (suspectés et confirmés) de chikungunya et 155 décès ont été signalés dans le monde au cours des neuf premiers mois de 2025. Ces chiffres marquent une augmentation par rapport aux années précédentes, attribuable au comportement saisonnier du vecteur et aux mouvements de population entre les régions endémiques et non endémiques.
Plus précisément :
- Dans la province du Guangdong, en Chine, 16 000 cas autochtones ont été identifiés jusqu’en septembre 2025, constituant la plus importante épidémie documentée dans le pays, selon l’OMS.
- Au Bangladesh, les services d’épidémiologie signalent 700 cas suspects dans la capitale, Dhaka, au cours de la même période.
- À Cuba, 34 cas de transmission locale ont été confirmés.
- Au Sri Lanka, le nombre officiel s’élève à 150 cas confirmés entre janvier et mars, avec une augmentation des signalements au milieu de l’année.
Les autorités nationales mettent en œuvre des stratégies de surveillance, de contrôle environnemental et de communication sur les risques afin de freiner la propagation du virus et de réduire son impact sur la santé des populations locales et des visiteurs.
Les CDC ont activé un « Avis de santé aux voyageurs de niveau 2 » (Pratique de précautions renforcées) pour les personnes se rendant dans les zones touchées, ce qui implique de prendre des mesures supplémentaires pour réduire le risque d’exposition. L’organisation souligne l’importance de la vaccination, compte tenu de la récente disponibilité du premier vaccin préventif, approuvé par la FDA en 2023, comme élément fondamental de la protection des voyageurs.
L’avis indique que « les voyageurs éligibles devraient envisager de se faire vacciner avant de se rendre dans des zones où une épidémie est active » et recommande l’utilisation constante de mesures de protection physiques (vêtements appropriés, moustiquaires) et de répulsifs autorisés. Il souligne également l’importance de cibler les personnes souffrant de problèmes médicaux préexistants, d’immunosuppression, les femmes enceintes et les personnes âgées, qui pourraient présenter des symptômes plus graves ou persistants.
Les CDC et l’OMS recommandent aux voyageurs se rendant dans les zones d’alerte :
- Se faire vacciner contre le chikungunya si les conditions sont remplies et si le vaccin est accessible dans leur pays d’origine.
- Porter des vêtements à manches longues et des pantalons pour couvrir le corps.
- Dormir sous des moustiquaires ou dans des espaces climatisés avec des fenêtres scellées.
- Appliquer des répulsifs enregistrés et approuvés par les organismes de santé publique.
- Éviter l’exposition pendant les périodes de plus grande activité des moustiques (matin et après-midi).
- Éliminer les récipients contenant de l’eau stagnante à proximité des lieux de résidence temporaire.
Les CDC insistent sur la nécessité d’une consultation médicale avant le voyage, en particulier pour les personnes présentant des problèmes de santé préexistants, et de se tenir informées via les portails officiels pendant le séjour. En cas de fièvre soudaine, de douleurs articulaires sévères, d’éruption cutanée ou de maux de tête après avoir visité les régions touchées, il est recommandé de consulter immédiatement un médecin, en l’informant du voyage récent afin de confirmer le diagnostic, d’éviter les complications et de limiter la transmission secondaire.
Le traitement du chikungunya est symptomatique, reposant sur le repos, l’hydratation et la prise d’analgésiques prescrits par un professionnel de la santé.
Les recommandations des CDC et de l’OMS pourraient influencer les projets de voyage des touristes, des professionnels et des travailleurs humanitaires. Les agences de voyages et les compagnies aériennes sont invitées à inclure des informations sanitaires dans leurs communications et à aider les passagers à s’informer sur les risques et l’accès au vaccin.

