Pékin, 26 octobre 2023. Le Parti communiste chinois (PCC) a confirmé ce jeudi l’expulsion de plusieurs hauts responsables militaires et civils, au terme d’une session plénière marquée par une purge interne d’une ampleur inédite depuis des années, en raison de scandales de corruption.
- Le général He Weidong, vice-président de la Commission militaire centrale (CMC), et l’amiral Miao Hua, ancien chef du travail politique dans les forces armées, figurent parmi les personnes sanctionnées.
- Quatorze membres du Comité central ont été exclus du parti pour « violations graves de la discipline et de la loi ».
- Cette purge intervient dans le cadre d’une campagne anti-corruption intensifiée sous la présidence de Xi Jinping, visant à renforcer le contrôle du parti sur l’armée et l’appareil d’État.
La session plénière du Comité central du PCC, qui s’est tenue à huis clos depuis lundi, a abouti à la confirmation de l’expulsion de plusieurs figures clés, impliquées dans des affaires de corruption. Parmi elles, le général He Weidong, numéro deux de la Commission militaire centrale, l’instance suprême de commandement de l’armée chinoise, et l’amiral Miao Hua, ancien chef du travail politique des forces armées et ancien ministre de l’Agriculture, Tang Renjian, accusé d’avoir accepté des pots-de-vin d’un montant d’un million de dollars (environ 930 000 euros).
Le communiqué officiel publié par l’agence de presse Xinhua a également annoncé la nomination de Zhang Shengmin au poste de vice-président de la CMC. Au-delà des hauts gradés militaires, plusieurs dirigeants civils du Comité central, également impliqués dans des enquêtes pour corruption, ont été exclus du parti.
Le PCC a réaffirmé l’importance de la discipline interne et de la lutte contre la corruption, soulignant que « pour bien gouverner le pays, il faut d’abord bien gouverner le Parti, et seul un Parti prospère peut rendre un pays fort ». Cette déclaration, ainsi que l’insistance sur la nécessité de « maintenir l’auto-révolution du Parti pour guider la révolution sociale et continuer à promouvoir de manière persistante une gouvernance stricte dans tous les domaines du Parti », sont interprétées comme une allusion directe à la campagne de discipline interne menée par le président Xi Jinping.
Dans le domaine militaire, le communiqué a insisté sur le renforcement du contrôle du Parti sur les forces armées et sur la nécessité d’accroître les capacités stratégiques pour défendre la souveraineté nationale. Il a également appelé à « accélérer le développement de capacités de combat avancées et à promouvoir la modernisation de la gouvernance militaire », mettant l’accent sur la « modernisation de la défense nationale ».
Ces confirmations interviennent après l’annonce, le 17 octobre dernier, de l’expulsion de neuf hauts commandants militaires du PCC et de l’Armée populaire de libération (APL) pour des « violations disciplinaires graves » et des accusations de corruption. Les disparitions du général He et de l’amiral Miao de la scène publique avaient alimenté les spéculations pendant plusieurs mois.
Selon le ministère de la Défense, ces officiers sont soupçonnés de crimes impliquant des « sommes d’argent extrêmement importantes » et ayant des « conséquences très dommageables ». Les enquêtes, autorisées par le Comité central et la CMC, ont touché plusieurs secteurs des forces armées, notamment la Force des fusées, responsable de l’arsenal nucléaire chinois.
Ces dernières années, l’armée chinoise a été secouée par plusieurs scandales de corruption qui ont conduit à la chute de deux ministres de la Défense successifs, ainsi qu’au limogeage de hauts responsables chargés de l’armement et des acquisitions. En juillet dernier, la CMC a publié de nouvelles directives visant à renforcer la « loyauté politique » et l’intégrité de ses membres, dans un contexte de surveillance accrue au sein des rangs militaires.
