Publié le 14 octobre 2025 à 20h19. L’administration Trump est accusée de militariser la société américaine et de réprimer l’opposition politique, une stratégie qui inquiète les observateurs quant à l’avenir des institutions démocratiques.
- L’administration Trump a déployé la Garde nationale dans plusieurs villes, malgré l’opposition des autorités locales.
- Le président envisage de renommer le ministère de la Défense « ministère de la Guerre » et a évoqué l’utilisation de l’armée contre des « ennemis intérieurs ».
- Des experts américains s’inquiètent d’une politisation croissante de l’armée et d’une dérive autocratique du pouvoir exécutif.
L’accumulation de décisions et de déclarations récentes de l’administration Trump alimente les craintes d’une instrumentalisation de l’armée à des fins politiques. Le président a organisé une parade militaire somptueuse, un cadeau, selon ses dires, à l’occasion des 79 ans de l’armée américaine. Parallèlement, il a ordonné le déploiement de la Garde nationale dans des villes démocrates, suscitant l’hostilité des élus locaux.
Selon l’avocat et expert américain Kenneth Manusama, cette démonstration de force militaire s’inscrit dans une logique de gouvernement de plus en plus autoritaire.
« Cette démonstration croissante de puissance militaire est conforme à un gouvernement qui devient de jour en jour plus autocratique. Il veut montrer qu’il est un leader décisif et fort. »
Kenneth Manusama, avocat et expert américain
Des troupes de la Garde nationale ont été stationnées près de Chicago et sont également visées par des restrictions judiciaires à Portland et Los Angeles. Trump justifie ces déploiements par la nécessité de lutter contre les gangs criminels et de réprimer les manifestations contre sa politique d’immigration, mais ses détracteurs y voient une tentative de contrôler l’opposition. Des déploiements similaires ont déjà eu lieu à Los Angeles et à Washington l’été dernier.
L’administration Trump a également évoqué la possibilité de renommer le ministère de la Défense « ministère de la Guerre » et, lors d’une récente rencontre avec des hauts gradés de l’armée, le président a laissé entendre qu’il pourrait envisager d’utiliser l’armée contre des « ennemis intérieurs ». Cette proposition de changement de nom a suscité de vives critiques.
Manusama souligne que la Constitution américaine stipule que les militaires doivent allégeance à la Constitution et au peuple américain, et non à un dirigeant ou à un parti politique. La politique de Trump, qui a également prêté allégeance à la Constitution, est donc perçue comme une contradiction.
Selon Manusama, la militarisation ne se limite pas au déploiement de la Garde nationale. Il s’agit également d’un message symbolique sur la nature de l’armée, qui doit, selon lui, incarner la masculinité traditionnelle et la loyauté envers le commandant en chef. Il critique également l’exclusion de certains groupes, tels que les femmes soldats, les personnes transgenres et les militaires issus de minorités ethniques.
Un autre expert américain, Casper Thomas, dénonce une politisation croissante de l’armée.
« C’est à cela que ressemble la politisation des forces armées américaines. La Maison Blanche utilise de plus en plus souvent et de manière plus visible l’armée pour atteindre des objectifs politiques. »
Casper Thomas, expert américain
Il souligne que Trump utilise un langage ambigu en parlant d’« ennemis intérieurs », laissant la porte ouverte à une interprétation large.
Selon Thomas, cette rhétorique vise à inclure tous les types d’opposants politiques, tels que les scientifiques, les athées, les démocrates, les journalistes et les personnes de couleur. Manusama estime que l’objectif ultime est de promouvoir un nationalisme chrétien blanc, fondé sur la foi chrétienne, la famille traditionnelle et une division des rôles entre les sexes.
Lors d’une récente réunion avec des hauts gradés, Trump a déclaré :
« Je ne suis jamais entré dans une pièce aussi calme. »
Donald Trump, président des États-Unis
Manusama interprète ce silence comme une forme de résistance de la part des militaires, qui n’ont pas applaudi le président comme il l’attendait. Cette rencontre a été largement commentée dans la presse américaine.
Les décisions de l’administration Trump sont régulièrement contestées devant les tribunaux, mais les manifestations restent limitées. Selon Manusama, de nombreux Américains apprécient un leadership fort et visible et ne perçoivent pas encore pleinement les risques d’une dérive autoritaire. Le parti démocrate, quant à lui, peine à s’opposer efficacement à Trump, notamment en raison du contrôle des Républicains sur le Congrès.
Le début du second mandat de Trump est marqué par une accélération des changements, ce qui soulève des questions sur l’avenir de la démocratie américaine. Les experts s’interrogent sur la stratégie à long terme de l’administration et sur les conséquences potentielles de cette démonstration de force militaire.
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