Home NouvellesDeux mois après les élections au Honduras, des doutes sur le CNE et les forces armées persistent

Deux mois après les élections au Honduras, des doutes sur le CNE et les forces armées persistent

by Nicolas Lefèvre

L’organisation des élections générales honduriennes, prévues le 30 novembre 2025, suscite de vives inquiétudes quant à l’impartialité du Conseil électoral national (CNE) et au rôle des forces armées dans la sécurisation du processus. Des dysfonctionnements déjà observés lors des primaires laissent présager de potentielles tensions lors du scrutin présidentiel et des élections locales.

Les primaires de mars dernier ont été marquées par des irrégularités significatives dans la distribution des bulletins de vote, notamment à Tegucigalpa et San Pedro Sula. Des bus non autorisés ont transporté du matériel électoral, et dans certains bureaux de vote, les citoyens ont été autorisés à voter jusqu’à l’aube, créant un climat de chaos. Le chef d’état-major, Roosevelt Hernández, a tenté de minimiser l’implication des militaires dans ces incidents.

Le CNE est également critiqué pour son manque d’autorité, illustré par la publication erronée, dans un premier bulletin préliminaire, de la photo du député Jorge Calix, ce qui a entraîné des sanctions internes. Les analystes craignent que ces erreurs ne soient le prélude à des conflits plus importants concernant le Système de transmission des résultats électoraux préliminaires (TREP).

Selon le politologue Filadelfo Martínez, le processus électoral « se dirige vers un conflit », avec un risque de disparition du Parti libéral si l’une des principales forces politiques venait à perdre. Le Parti libéral traverse une crise profonde depuis le coup d’État de 2009 qui a renversé Manuel Zelaya, et son avenir est incertain. Le parti Libre, quant à lui, « n’est pas prêt à perdre après avoir goûté au pouvoir ».

Les principaux candidats à la présidence sont Rixe Rixed (Libre), Nasry Asfura (Parti national) et Salvador Nasralla (Parti libéral). Nelson Ávila (Pinu-sd) et Mario Rivera (Démocrate chrétien) sont également en lice.

Plus de 6 millions d’Honduriens sont appelés à voter pour élire le président, les trois vice-présidents, 298 maires, 128 députés et 20 représentants au Parlement d’Amérique centrale.

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