Publié le 16 janvier 2024 à 18h31. Les commerçants américains se mobilisent pour réduire les frais bancaires sur les transactions par carte, une source de coûts croissante qui rogne leurs marges bénéficiaires et pourrait, à terme, impacter les prix à la consommation.
- Un projet de loi visant à stimuler la concurrence sur le marché des paiements électroniques a été réintroduit au Congrès américain.
- Les frais de transaction par carte, qui représentent en moyenne 2 à 4 % du montant de chaque achat, pèsent sur les petites entreprises.
- La National Retail Federation et la Brewers Association soutiennent cette initiative, estimant qu’elle pourrait générer des économies significatives pour les commerçants et les consommateurs.
À Brookfield, dans le Wisconsin, Chris Hoeppner, propriétaire du magasin de jouets Bricks & Minifigs, déplore le coût des transactions par carte. Il confie qu’il préférerait voir davantage de paiements en espèces.
« À chaque fois qu’on utilise une carte, ça nous coûte une part de nos revenus. »
Chris Hoeppner, propriétaire de Bricks & Minifigs
Il souligne que même les petites transactions peuvent engendrer des frais importants.
Pour répondre à ces préoccupations, les sénateurs Roger Marshall (Républicain du Kansas) et Dick Durbin (Démocrate de l’Illinois), ainsi que les représentants Lance Gooden (Républicain du Texas) et Zoe Lofgren (Démocrate de Californie), ont relancé le projet de loi sur la concurrence dans le secteur des cartes de crédit (Credit Card Competition Act). Ce texte vise à accroître la concurrence sur le marché des paiements électroniques et à limiter la hausse des frais de transaction.
La National Retail Federation (NRF) soutient activement cette loi, la jugeant essentielle pour instaurer des règles du jeu équitables pour les millions de commerces américains qui n’ont actuellement aucun contrôle sur les frais imposés par les réseaux de cartes de crédit. Selon la NRF,
« En favorisant une concurrence indispensable, cette législation bipartite apportera un soulagement direct aux détaillants et aux consommateurs, garantissant que l’industrie puisse continuer à fournir des produits de qualité à des prix abordables. »
La Brewers Association, qui représente les brasseries artisanales aux États-Unis, partage cet avis. L’organisation estime que les frais de transaction affectent particulièrement les entreprises du secteur de l’hôtellerie et de la restauration, qui réalisent un volume important de petites transactions (bière, nourriture, produits dérivés). Michael Mohr-Ramirez, directeur des affaires fédérales de la Brewers Association, explique que le marché des cartes de crédit est actuellement dominé par deux acteurs majeurs qui contrôlent plus de 80 % des transactions nationales. Ces réseaux ajustent régulièrement leurs tarifs, augmentant les coûts pour les petites entreprises sans leur offrir de véritables alternatives.
Selon une estimation de la Wisconsin Restaurant Association, le Credit Card Competition Act pourrait permettre aux entreprises et aux consommateurs américains d’économiser plus de 16 milliards de dollars par an. Le projet de loi obligerait les grandes banques à activer au moins deux réseaux de traitement des cartes de crédit – l’un des deux principaux réseaux existants et un autre réseau indépendant – afin de faciliter les paiements. En 2024, les frais de transaction ont déjà coûté plus de 187 milliards de dollars aux entreprises et aux consommateurs américains, soit environ 1 200 dollars par foyer.
Le projet de loi rencontre une forte opposition de la part des sociétés de cartes de crédit et du secteur bancaire, qui craignent une réduction de leurs revenus. La Wisconsin Restaurant Association souligne que cette législation vise à stimuler la concurrence sur le marché du traitement des cartes de crédit, ce qui devrait entraîner une baisse des frais de transaction.
