Publié le 9 décembre 2025 à 07h12. Des négociations intenses se sont tenues lundi à Londres entre les dirigeants ukrainiens, britanniques, français et allemands pour élaborer une alternative à la proposition de paix américaine, mais des désaccords persistent notamment sur la question du territoire.
- Volodymyr Zelensky a indiqué qu’un accord n’a pas encore été trouvé avec les États-Unis concernant le statut territorial de l’Ukraine.
- Les garanties de sécurité européennes sont « fondamentalement prêtes », mais leur mise en œuvre concrète reste floue.
- L’utilisation des avoirs souverains russes gelés pour financer la reconstruction de l’Ukraine progresse, mais rencontre encore des résistances, notamment en Belgique.
Les discussions de lundi au 10 Downing Street, qui ont rassemblé le président ukrainien Volodymyr Zelensky, le Premier ministre britannique Keir Starmer, le président français Emmanuel Macron et le chef de file du parti conservateur allemand Friedrich Merz, visaient à trouver un compromis sur un plan de paix pour mettre fin à la guerre en Ukraine. Si les progrès ont été constatés sur la réduction des exigences initiales du plan américain, initialement en 28 points puis ramené à 20, la question du territoire reste un obstacle majeur.
Selon le président Zelensky, aucune concession territoriale n’est envisageable. Il a souligné que, conformément au droit ukrainien et international, l’Ukraine ne peut céder aucun territoire.
« Nous n’avons pas le droit de donner quoi que ce soit »
Volodymyr Zelensky, président ukrainien
Les garanties de sécurité pour l’Ukraine ont été au cœur des échanges. Si les engagements européens semblent avancés, leur nature concrète reste à définir. Zelensky a insisté sur le fait que les garanties les plus solides devraient provenir des États-Unis, à condition qu’elles soient juridiquement contraignantes et approuvées par le Congrès américain. Il a estimé que Washington semblait ouvert à cette voie.
L’ancien président américain Donald Trump a cependant semé le doute dimanche en suggérant que Zelensky retardait un accord et n’avait même pas pris connaissance du dernier plan de paix. Avant les négociations, Friedrich Merz s’était également montré sceptique quant à certaines propositions américaines, qualifiant le moment de « décisif ».
« Cela pourrait être un moment décisif pour nous tous »
Friedrich Merz, chef de file du parti conservateur allemand
Parallèlement aux discussions sur les garanties de sécurité, les dirigeants européens ont examiné les moyens de mobiliser les avoirs souverains russes gelés pour financer la reconstruction de l’Ukraine. Des « progrès positifs » ont été signalés dans ce domaine, avec la possibilité d’utiliser ces actifs comme garantie pour des prêts à Kiev. Le Royaume-Uni se dit prêt à rejoindre l’Union européenne dans cette démarche, en envisageant d’utiliser environ 8 milliards de livres sterling (9 milliards d’euros) d’actifs russes gelés. Cependant, Londres exclut l’utilisation des actifs appartenant à des personnes russes sanctionnées, se concentrant uniquement sur les fonds du gouvernement russe.
La proposition britannique s’aligne sur le projet de Bruxelles visant à mobiliser jusqu’à 210 milliards d’euros de prêts garantis par les avoirs russes. Toutefois, l’initiative se heurte à des résistances, notamment de la part de la Belgique, dont le Premier ministre Bart De Wever a exprimé ses réserves. Une rencontre entre De Wever et Keir Starmer est prévue vendredi à Londres.
Les dirigeants européens devraient débattre de cette question lors du sommet des 18 et 19 décembre. Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a souligné l’urgence de la situation :
« Nous savons tous ce qui est en jeu et nous savons que nous n’avons plus de temps à perdre. »
Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne
Elle a ajouté que l’utilisation des actifs russes pour un « prêt de réparation » à l’Ukraine « augmenterait le coût de la guerre pour la Russie ».
Reportage supplémentaire de James Politi à Washington
