La répression des manifestations en Iran s’intensifie, avec un bilan qui s’élève désormais à plus de 500 morts et 10 000 arrestations. Parmi les victimes, Rubina Aminian, une étudiante de 23 ans, a été tuée par balle à Téhéran, illustrant la brutalité des forces de sécurité face aux protestations.
Rubina Aminian, étudiante en textile au Collège Shariati de Téhéran, participait aux manifestations déclenchées par la situation économique et qui se sont transformées en un mouvement de contestation contre le régime iranien. Selon l’organisation de défense des droits de l’homme HRANA, elle a reçu une balle à bout portant à l’arrière de la tête.
Ses parents, venus de Kermanshah, ont été contraints d’identifier son corps parmi des centaines d’autres victimes dans une morgue de Téhéran. Ils ont ensuite été forcés de l’enterrer sommairement au bord d’une route, après que les forces de sécurité eurent encerclé leur domicile, selon HRANA.
« Au début, la famille n’a pas été autorisée à identifier le corps de Rubina, et plus tard, ils n’ont pas été autorisés à emmener son corps avec eux », a déclaré une source proche de la famille.
L’organisation iranienne des droits de l’homme rapporte que les parents de Rubina ont été confrontés à un spectacle macabre : « Ils ont été emmenés dans une unité où ils ont été confrontés aux corps de centaines de jeunes » tués lors des manifestations. La plupart des victimes avaient entre 18 et 22 ans et avaient reçu une balle à bout portant dans la tête ou le cou.
La situation humanitaire se détériore rapidement. Des médecins de six hôpitaux de Téhéran ont signalé au moins 217 décès en une seule soirée, jeudi dernier. Un chirurgien a affirmé avoir soigné six patients ayant reçu une balle dans la tête, aucun n’ayant survécu.
Face à cette répression, le régime iranien semble vouloir étouffer l’information en coupant l’accès à Internet. Masih Alinejad, une militante de l’opposition basée aux États-Unis, affirme avoir reçu des informations selon lesquelles « des centaines de manifestants ont été tués par les forces de sécurité » et que « le régime a coupé Internet pour dissimuler un massacre ».
Les manifestations, qui ont débuté il y a deux semaines, sont les plus importantes depuis 2009. Elles se poursuivent dans plusieurs villes, notamment à Gorgan et Karaj, où des manifestants ont incendié des barricades et affronté les forces de l’ordre. Des images poignantes montrent des familles pleurant leurs proches et récupérant des fragments de métal provenant des balles qui les ont tués.
La tension monte également sur la scène internationale. Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Qalibaf, a menacé les États-Unis et Israël, les qualifiant de « cibles légitimes » en cas d’attaque militaire. Donald Trump a averti le régime iranien de ne pas recourir à la force meurtrière, affirmant que l’armée américaine était « verrouillée et chargée ». Le Département d’État a également mis en garde contre toute provocation, soulignant que les paroles de Trump sont à prendre au sérieux.
