Publié le 27 novembre 2024 17:19:00. Daniel Day-Lewis, légende du cinéma, brise sa retraite pour un rôle poignant et dérangeant dans le premier film réalisé par son fils, Ronan. Anémone, un drame familial sombre et violent, explore les traumatismes de l’enfance et les cycles de la violence.
- Daniel Day-Lewis interprète Ray Stroker, un ancien soldat déserté hanté par son passé.
- Le film aborde des thèmes difficiles tels que les abus sexuels et la violence familiale.
- Anémone, bien que porté par des acteurs talentueux et une réalisation soignée, souffre d’un scénario faible et d’une mise en scène laborieuse.
Après huit ans de silence, Daniel Day-Lewis, triple oscarisé du meilleur acteur – un exploit unique dans l’histoire du cinéma masculin – revient à l’écran. L’acteur anglo-irlandais, connu pour sa méthode de jeu immersive et sa capacité à se transformer radicalement pour ses rôles (de Lincoln à Bill le Boucher dans Gangs de New York), a accepté de jouer dans le premier long métrage de son fils, Ronan. Day-Lewis avait pris ses distances avec le monde du cinéma, se consacrant notamment à l’artisanat du cordonnier à Florence, avant d’annoncer sa retraite en 2016.
Anémone plonge le spectateur dans l’univers d’une famille chrétienne brisée par la violence et les abus. Ray Stroker (Daniel Day-Lewis), un ancien soldat ayant déserté, vit reclus dans une cabane isolée dans le nord de l’Angleterre, entouré d’anémones plantées par son père. Son frère, Jem Stoker (Sean Bean), prie pour pouvoir le convaincre de revenir et d’aider Brian, le fils adolescent de Ray, un jeune homme tyrannique. Ray avait abandonné Nessa, la mère de Brian (Samantha Morton), alors qu’elle était enceinte, et s’était enfui dans les bois. Nessa a ensuite épousé Jem. Le film explore la complexité des relations familiales et la difficulté de la réconciliation.
Le film se caractérise par une atmosphère pesante, des dialogues rares et laconiques, et une lenteur délibérée qui peut s’avérer angoissante. La tension est palpable, la tendresse absente, et la culpabilité omniprésente. Cependant, c’est la révélation des abus subis par Ray qui constitue le point culminant du film. L’acteur livre une performance bouleversante en racontant avec précision et vivacité les viols répétés qu’il a subis de la part du curé de la paroisse, ponctuant son récit de rires amers.
La scène où Ray confronte son agresseur est particulièrement choquante. Il le retrouve sous un prétexte fallacieux – collecter des fonds pour les anciens combattants – et le torture en l’obligeant à ingérer ses propres excréments. Cette séquence, d’une violence extrême, est décrite comme presque insupportable et a poussé certains spectateurs à quitter la salle.
L’histoire de la guerre civile qui a conduit Ray à se réfugier dans les bois il y a vingt ans, et un prétendu meurtre, aboutit à une confrontation physique entre les deux frères. La fin du film laisse le spectateur sur une note d’incertitude, avec la femme de Jem attendant les frères à la porte et le fils observant la scène depuis une fenêtre. Si la violence engendre la violence et le silence peut mener à l’indifférence, le film, malgré la présence de stars et une réalisation visuellement soignée, ne parvient pas à transcender un scénario fragile et une mise en scène trop lente.
Anémone sortira en salles le 27 novembre.
