Publié le 24 septembre 2025. Une vaste étude génomique révèle des liens insoupçonnés entre différents troubles psychiatriques, ouvrant la voie à une meilleure compréhension et à de nouvelles approches thérapeutiques.
- Des chercheurs ont identifié cinq facteurs génétiques communs qui influencent un large éventail de troubles psychiatriques chez l’enfant et l’adulte.
- Ces facteurs incluent des prédispositions aux comportements compulsifs, à la schizophrénie et au trouble bipolaire, aux troubles neurodéveloppementaux, à l’anxiété et à la dépression, ainsi qu’à l’abus de substances.
- L’étude, menée sur plus d’un million de personnes, suggère que la classification actuelle des troubles psychiatriques pourrait être simplifiée et que des traitements plus ciblés pourraient être développés.
Une analyse approfondie du génome humain a mis en lumière des chevauchements génétiques significatifs entre divers troubles psychiatriques, remettant en question les frontières cliniques traditionnelles. L’étude, publiée dans la revue Nature, a examiné les données génétiques de plus d’un million d’individus atteints de 14 troubles psychiatriques différents, révélant une architecture génétique partagée plus importante qu’on ne le pensait auparavant.
Les chercheurs, dirigés par Grotzinger et son équipe, ont identifié cinq facteurs génétiques latents qui expliquent la majorité de la variance génétique observée. Ces facteurs, baptisés « compulsifs », « schizophrénie-bipolaire », « neurodéveloppementaux », « internalisants » et « liés à l’usage de substances », regroupent des troubles présentant des variantes génétiques de risque communes. Par exemple, le facteur « schizophrénie-bipolaire » est fortement associé à la schizophrénie et au trouble bipolaire, tandis que le facteur « internalisants » regroupe la dépression majeure, le trouble de stress post-traumatique et l’anxiété.
L’analyse a également révélé des corrélations génétiques particulièrement fortes entre les troubles schizophréniques et bipolaires, ainsi qu’entre les troubles internalisants. L’étude suggère que les variantes génétiques impliquées dans ces troubles affectent principalement les processus neurodéveloppementaux précoces, avec un impact particulier sur les neurones excitateurs du cerveau.
Cette recherche offre une perspective systématique des influences génétiques partagées et spécifiques à chaque trouble, ce qui pourrait avoir des implications majeures pour la classification des maladies mentales et le développement de thérapies personnalisées basées sur le profil génétique des patients. Elle ouvre la voie à une meilleure compréhension des mécanismes biologiques sous-jacents aux troubles psychiatriques et à l’identification de nouvelles cibles thérapeutiques potentielles.
Référence originale : https://doi.org/10.1038/s41586-025-09820-3 (2025)
