Publié le 16 octobre 2025 02:01:00. Une étude sud-coréenne révèle que les inhibiteurs du SGLT-2, des médicaments couramment prescrits pour le diabète de type 2, pourraient être associés à une réduction du risque de maladies rhumatismales auto-immunes, telles que la polyarthrite rhumatoïde et le lupus.
- Les inhibiteurs du cotransporteur sodium-glucose-2 (SGLT-2) sont liés à un risque 11 % inférieur de maladies rhumatismales auto-immunes par rapport aux sulfonylurées.
- L’étude, menée sur plus de deux millions de patients diabétiques de type 2, a pris en compte de nombreux facteurs susceptibles d’influencer les résultats.
- Bien que prometteurs, ces résultats nécessitent d’être confirmés par d’autres études avant de modifier les pratiques médicales.
Des chercheurs sud-coréens ont mis en évidence un lien potentiel entre l’utilisation d’inhibiteurs du SGLT-2 et une diminution du risque de développer des maladies rhumatismales auto-immunes. Ces affections, qui incluent la polyarthrite rhumatoïde, le lupus et la sclérodermie, se caractérisent par une attaque du système immunitaire contre les propres tissus de l’organisme, provoquant inflammation et lésions articulaires, cutanées, musculaires et d’autres organes.
Des recherches antérieures suggéraient que les inhibiteurs du SGLT-2 pouvaient moduler la réponse immunitaire, mais l’importance clinique de ces effets restait incertaine. Pour approfondir cette question, l’équipe de recherche a analysé les données de plus de 2 032 157 adultes (âge moyen de 59 ans, dont 60 % d’hommes) atteints de diabète de type 2 et ayant commencé un traitement soit par un inhibiteur du SGLT-2, soit par une sulfonylurée entre 2012 et 2022, en utilisant la base de données du Service national coréen d’assurance maladie.
L’étude a pris en compte un large éventail de facteurs potentiellement influents, tels que l’âge, le sexe, le niveau de revenu, les antécédents médicaux, les traitements médicamenteux, l’utilisation des soins de santé et les habitudes de vie. De plus, les chercheurs ont inclus des critères d’évaluation spécifiques (infections génitales et zona) pour minimiser le risque de biais.
Au cours d’une période de suivi moyenne de 9 mois, 790 participants traités par inhibiteurs du SGLT-2 et 840 participants traités par sulfonylurées ont reçu un nouveau diagnostic de maladie rhumatismale auto-immune. Les résultats ont révélé que les inhibiteurs du SGLT-2 étaient associés à une réduction de 11 % du risque de ces maladies, avec des taux d’incidence de 52 et 58 pour 100 000 années-personnes, respectivement.
L’analyse a montré que ces résultats étaient cohérents dans différents sous-groupes de patients, en fonction de l’âge, du sexe, du type d’inhibiteur du SGLT-2 utilisé, de la présence de maladies cardiovasculaires et du statut d’obésité. Les analyses de contrôle ont également suggéré que le risque de biais était faible.
Les auteurs de l’étude soulignent qu’il s’agit d’une étude observationnelle et qu’elle ne peut donc pas établir de lien de causalité définitif. Ils reconnaissent également que la période de suivi était relativement courte et que d’autres facteurs non mesurés pourraient avoir influencé les résultats. Néanmoins, ils estiment que l’étude, de par sa taille et la rigueur de ses méthodes, suggère que les inhibiteurs du SGLT-2 pourraient contribuer à réduire le risque de maladies auto-immunes.
« Cependant, ce bénéfice potentiel doit être soigneusement pesé par rapport aux effets indésirables connus et aux préoccupations concernant la tolérance », écrivent-ils. « Des études supplémentaires, menées sur d’autres populations et dans d’autres contextes, ainsi que des recherches chez des patients déjà atteints de maladies rhumatismales auto-immunes, sont nécessaires pour confirmer et approfondir ces observations. »
Karacabeyli et Lacaille, BMJ
Dans un éditorial accompagnant la publication, des chercheurs canadiens soulignent que cette étude est la première à suggérer de manière aussi complète que les inhibiteurs du SGLT-2 pourraient réduire le risque de maladies rhumatismales auto-immunes. Ils précisent que, bien que cette découverte soit intrigante et nécessite d’être confirmée, elle « établit une base pour de futures recherches et fournit des preuves préliminaires pour étayer une raison supplémentaire d’utiliser un inhibiteur du SGLT-2 plutôt qu’une sulfonylurée pour la prise en charge du diabète de type 2 ».
Source:
Référence du journal :
Karacabeyli, D. et Lacaille, D. (2025). Inhibiteurs du SGLT-2 pour la prévention des maladies rhumatismales auto-immunes. BMJ. doi.org/10.1136/bmj.r2121
