Publié le 4 décembre 2025 19h48. Une nouvelle loi votée par la Diète polonaise vise à accompagner les travailleurs du secteur minier de houille en transition, en offrant des conditions de départ avantageuses et en anticipant les fermetures de mines prévues dans les prochaines années.
- 241 députés ont approuvé le texte, qui prévoit notamment des congés spéciaux et une indemnité de départ exonérée d’impôts.
- La loi s’appliquera aux employés de plusieurs entreprises minières, dont Polska Grupa Górnicza (PGG), Południowy Koncern Węglowy (PKW), Węglokoks Kraj et, à terme, Jastrzębska Spółka Węglowa (JSW) et Bogdanka.
- L’entrée en vigueur de la loi est prévue pour le 1er janvier 2026, en coordination avec les restructurations du secteur.
L’adoption de ce texte par la Diète marque une étape importante dans la mise en œuvre de l’accord social de 2021 concernant le secteur de la houille. Il vise à adoucir les conséquences sociales des fermetures de mines et à faciliter la reconversion des employés.
Concrètement, la loi précise les conditions d’accès à des congés miniers (avec 80 % de la rémunération maintenue, sans obligation de travailler) et à une indemnité de départ unique de 170 000 PLN nets (environ 38 000 euros au taux de change actuel). Cette indemnité est exonérée d’impôts, ce qui constitue un avantage significatif pour les bénéficiaires.
L’indemnité de départ ne se limitera pas aux employés travaillant directement dans les mines. Elle s’étendra également aux personnels administratifs et aux employés des usines spécialisées rattachées aux entreprises minières, comme les ateliers de réparation ou les services d’investissement. Cette extension a été saluée par les syndicats, qui estimaient que la version initiale du projet de loi était trop restrictive.
Lors du débat parlementaire, le vice-ministre de l’Énergie, Marian Zmarzły, a souligné l’importance de cette loi pour l’ensemble de la communauté minière.
« Cet amendement est attendu avec impatience par l’ensemble de la communauté minière, les sociétés minières, les syndicats et les gouvernements locaux. »
Marian Zmarzły, vice-ministre de l’Énergie
Il a insisté sur la nécessité d’accompagner les salariés qui quitteront le secteur et d’adapter la réglementation au contexte actuel de transformation de l’industrie houillère.
Le ministère des Finances a également précisé que les entreprises minières concernées par ces fermetures pourront bénéficier de subventions budgétaires et d’émissions de titres du Trésor pour financer leur liquidation.
Le ministère de l’Énergie a tenu à rassurer les employés en affirmant que la loi ne prévoit pas la fermeture immédiate d’aucune mine. Le calendrier des fermetures est inscrit dans l’accord social de 2021 et ne concerne pas les sites appartenant à JSW.
Selon une évaluation d’impact jointe au projet de loi, le coût total de la fermeture des mines de houille au cours des dix prochaines années s’élèvera à 11,275 milliards de PLN (environ 2,6 milliards d’euros). On estime que 3 500 employés de PGG, PKW et Węglokoks Kraj bénéficieront d’un congé minier, ainsi que 240 employés des usines de traitement du charbon. Dans le cas de JSW, ce sont 3 000 personnes qui pourraient bénéficier d’un congé minier et 103 employés des usines de traitement du charbon. Fin 2024, JSW employait plus de 32 000 personnes.
