Publié le 23 décembre 2025 à 01h18 IST. Les autorités de Delhi intensifient leur lutte contre la pollution atmosphérique en lançant une campagne de contrôle rigoureuse des industries et en renforçant les mesures visant à réduire les émissions des véhicules, face à une qualité de l’air qui reste préoccupante.
- Le gouvernement de Delhi a lancé une campagne pour identifier et fermer les industries polluantes, promettant une tolérance zéro.
- Plus de 2 688 industries ont été inspectées, entraînant des ordres de fermeture immédiate pour 411 d’entre elles.
- Des mesures sont également prises pour améliorer le contrôle des émissions des véhicules et gérer les déchets, notamment par le biais du biominage.
Le ministre de l’Environnement, Manjinder Singh Sirsa, a souligné la détermination du gouvernement à assainir l’air de la capitale indienne. Il a déclaré que les établissements qui ne respectent pas les normes environnementales seront scellés sans préavis.
« La mission du gouvernement de Delhi visant à purifier l’air de la ville ne permet aucune complaisance. Les unités qui enfreignent les normes de pollution de l’air seront immédiatement scellées sans préavis. Nous n’épargnerons aucune industrie qui pollue l’environnement. »
Manjinder Singh Sirsa, ministre de l’Environnement
La Corporation municipale de Delhi (MCD) et le Comité de contrôle de la pollution de Delhi (DPCC) travaillent conjointement pour identifier les unités industrielles illégales et non autorisées. Selon les données du DPCC, 411 industries ont reçu un ordre de fermeture immédiate suite à l’inspection de 2 688 sites dans les zones industrielles désignées et en cours de réaménagement.
Parallèlement, les autorités s’attaquent au problème des émissions des véhicules. Plus de 200 000 véhicules (2 lakh) ont subi un test de contrôle de la pollution (PUC) depuis l’entrée en vigueur d’une nouvelle ordonnance le 18 décembre, et 10 000 d’entre eux n’ont pas satisfait aux normes. M. Sirsa a interprété ces résultats comme une preuve de l’efficacité des mesures coercitives.
Des efforts sont également déployés pour moderniser les centres de contrôle des émissions, avec la rénovation de ceux qui ont plus de 15 ans d’existence et l’introduction d’un système d’audit par une tierce partie pour garantir la transparence et la fiabilité des certifications. Des équipes du ministère des Transports mènent une surveillance continue pour prévenir les fraudes.
La lutte contre la pollution atmosphérique ne se limite pas aux industries et aux véhicules. Des opérations de nettoyage des routes sont menées 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, et des programmes de biominage à grande échelle sont en cours dans les décharges, permettant de traiter et d’éliminer quotidiennement près de 35 000 tonnes de déchets. Cette initiative vise à démanteler les anciennes décharges, une source importante de pollution.
Dans un contexte de critiques, le ministre Sirsa a attaqué son prédécesseur, Arvind Kejriwal, l’accusant de privilégier le « tourisme politique » au détriment des problèmes réels de Delhi.
« Ceux qui ont dirigé Delhi pendant 10 ans et ont laissé derrière eux un héritage de pollution, de mauvaise gestion et de corruption ne viennent désormais dans la ville que pour des séances de photos et des projections de films. Ils n’ont aucune autorité morale pour parler de l’environnement de Delhi lorsqu’ils ont abandonné sa population en crise. »
Manjinder Singh Sirsa, ministre de l’Environnement
La qualité de l’air à Delhi reste préoccupante. Lundi, la capitale a enregistré un indice de qualité de l’air (IQA) de 373, classé comme « très mauvais ». Le système d’alerte précoce sur la qualité de l’air du gouvernement central prévoit que la situation ne s’améliorera pas dans les six prochains jours. L’IQA varie de 0 à 500, des valeurs plus élevées indiquant une toxicité accrue : 201-300 (faible), 301-400 (très faible), 401-450 (sévère) et 451-500 (extrêmement sévère).
La pollution atmosphérique à Delhi et dans la plaine indo-gangétique est un problème récurrent en hiver, exacerbé par des facteurs météorologiques tels que la baisse de la vitesse du vent et de la température, ainsi que par le brûlage des résidus de récolte et les feux d’artifice pendant les fêtes.
Enfin, le gouvernement de Delhi envisage de collaborer avec des entreprises comme Ola et Uber pour promouvoir une mobilité plus propre, notamment en explorant la possibilité de bus électriques ou non polluants partagés. Des directives plus strictes concernant la circulation des pousse-pousse électriques seront également publiées afin de réduire les embouteillages et d’améliorer la fluidité du trafic. Une rationalisation des itinéraires des bus DTC est également prévue pour améliorer la connectivité et encourager l’utilisation des transports en commun.
