Publié le 2025-12-14 23:15:00. Notre corps ne se débarrasse pas de ses réserves de graisse de manière incontrôlable, même en situation de stress ou de privation. Une récente étude révèle l’existence d’un mécanisme interne qui freine cette combustion, assurant ainsi la survie de l’organisme.
- Le système immunitaire joue un rôle insoupçonné dans la régulation des graisses corporelles.
- Ce mécanisme de freinage empêche une consommation trop rapide des réserves d’énergie en cas de froid ou de jeûne.
- Comprendre ce processus pourrait ouvrir la voie à de nouvelles approches thérapeutiques contre l’obésité.
Une équipe de l’Université de Californie a mis en lumière un processus jusqu’alors méconnu : un système de régulation interne qui empêche le corps de puiser trop rapidement dans ses réserves de graisse. Ces découvertes, publiées dans la revue scientifique Nature, remettent en question certaines idées reçues sur la perte de poids et le métabolisme.
Jusqu’à présent, les scientifiques connaissaient les mécanismes qui activent la combustion des graisses, mais ignoraient ce qui empêchait cette perte d’être excessive. L’étude révèle que le système immunitaire, traditionnellement associé à la défense contre les infections, participe activement à la régulation de la graisse corporelle. Plus précisément, des neutrophiles, un type de globules blancs, agissent comme des “gardiens internes”, surveillant le niveau de graisse et limitant sa consommation en période de stress ou de manque de nourriture.
Lorsqu’une personne est exposée au froid, le système nerveux sympathique se déclenche, entraînant une infiltration rapide des neutrophiles dans le tissu adipeux viscéral – la graisse qui entoure les organes vitaux. Ce processus est orchestré par deux mécanismes clés : la lipolyse, qui est la dégradation des graisses, et l’activation de la voie p38 MAPK, stimulée par la libération de leucotriène B4.
Une fois à l’intérieur du tissu adipeux, les neutrophiles libèrent une molécule appelée IL-1β, qui envoie un signal clair : réduire la lipolyse. Ce message ralentit la combustion des graisses, protégeant ainsi les réserves énergétiques dans des situations défavorables. En d’autres termes, le corps privilégie la conservation de l’énergie plutôt qu’une perte rapide, une stratégie évolutive essentielle à la survie.
Pour confirmer l’importance de ce mécanisme, les chercheurs ont mené des expériences sur des souris. En éliminant les neutrophiles ou en bloquant la production d’IL-1β, ils ont constaté que la masse grasse diminuait significativement et que la lipolyse augmentait. Cela suggère que ce contrôle immunitaire est crucial pour maintenir l’équilibre énergétique.
L’analyse des données génétiques de personnes obèses a révélé que les gènes impliqués dans cette voie immunométabolique étaient plus actifs. Cela suggère que l’interaction entre le système immunitaire et le tissu adipeux pourrait jouer un rôle important dans le développement de l’obésité et d’autres troubles métaboliques associés.
Cette découverte a des implications importantes pour la compréhension de la perte de poids. Elle suggère que le corps dispose d’un “mode épargne” qui s’active en période de stress métabolique, limitant la combustion des graisses. Cela explique pourquoi les régimes très restrictifs ou les jeûnes extrêmes peuvent être contre-productifs, car le corps réagit en ralentissant son métabolisme.
Les chercheurs soulignent que cette découverte ne signifie pas que perdre du poids est impossible, mais plutôt que le corps n’est pas conçu pour le faire rapidement. Une approche plus durable et efficace consiste à adopter un déficit calorique modéré, à maintenir une alimentation équilibrée, à pratiquer une activité physique régulière et à privilégier un bon repos.
Vous pourriez être intéressé par : Les médicaments amaigrissants arrivent dans le monde animal : comment fonctionne le nouvel implant pour les chiens et les chats
Vous pourriez être intéressé par : Graisse abdominale et vieillissement : découverte de nouvelles cellules souches qui expliquent pourquoi on prend du poids au fil des années
Vous pourriez être intéressé par : Jeûne intermittent : que se passe-t-il dans votre corps après 12 heures sans manger et qui peut le pratiquer
Vous pourriez être intéressé par : Comment la mangue aide à prendre du poids et à augmenter la glycémie selon de nouvelles preuves
Vous pourriez être intéressé par : Dix habitudes qui vous empêchent d’éliminer la graisse abdominale, selon les experts
Vous pourriez être intéressé par : Odeur corporelle : pourquoi elle est produite et qu’est-ce qui la modifie tout au long de la vie
Vous pourriez être intéressé par : Les excès de « décembre » augmentent le risque de prise de poids et de pathologies
