Publié le 8 octobre 2025 à 18h38. La Cour suprême fédérale (STF) reprend ce mercredi l’examen d’une affaire sensible concernant la possibilité d’ajustements tarifaires par tranche d’âge dans les contrats de mutuelle santé signés avant l’entrée en vigueur du Statut des personnes âgées, une loi de 2003.
- Le STF doit trancher si l’application rétroactive du Statut des personnes âgées est possible dans les contrats de mutuelle santé préexistants.
- La composition de la Cour a changé depuis le premier examen de l’affaire, ce qui pourrait influencer le résultat du vote.
- Des arguments juridiques complexes ont été présentés, notamment concernant le respect de l’acte juridique parfait et la sécurité juridique.
L’affaire porte sur une cliente ayant souscrit un contrat de mutuelle santé en 1999, avant la promulgation du Statut des personnes âgées (loi 10.741/03). Le contrat prévoyait des ajustements tarifaires en fonction de sept tranches d’âge. En 2005, la cliente a vu sa cotisation mensuelle augmenter à l’entrée dans la tranche des 60 ans et a contesté cette augmentation, invoquant le Statut des personnes âgées.
Le tribunal de Rio Grande do Sul lui avait donné raison, jugeant abusifs les ajustements tarifaires basés sur l’âge. Cependant, l’opérateur de santé a contesté cette décision, arguant que l’application rétroactive du Statut des personnes âgées violait le principe constitutionnel de l’acte juridique parfait, qui stipule que la loi ne peut pas porter atteinte aux droits acquis.
Lors de l’audience, l’avocat Marco Tulio De Rose, du cabinet De Rose Avocats, représentant Unimed, a défendu la validité des ajustements tarifaires prévus dans les contrats signés avant 2003. Il a souligné que le contrat en question prévoyait explicitement la possibilité d’ajustements en fonction de l’âge, conformément à la réglementation en vigueur à l’époque, notamment la résolution 6 du Conseil national complémentaire de santé et l’article 15 de la loi sur les plans de santé. Il a estimé que l’augmentation de la cotisation, passant de 151 R$ à 226 R$ (environ 28 à 42 euros), était légitime et conforme à la réglementation.
« L’application rétroactive du Statut des personnes âgées violerait l’acte juridique parfait et le droit acquis. La règle de 2003 ne peut pas couvrir les contrats antérieurs, sous peine de violer le principe constitutionnel de sécurité juridique. »
Marco Tulio De Rose, avocat de De Rose Avocats
Le procureur fédéral André Rufino do Vale, agissant au nom de l’ANS (Agence nationale complémentaire de santé), a soutenu que le Statut des personnes âgées ne s’applique pas aux contrats de mutuelle santé signés avant son entrée en vigueur. Il a mis en avant la stabilité réglementaire du secteur depuis plus de 20 ans, basée sur la loi 9.656/98 et la jurisprudence du STF, notamment l’affaire ÂGE 1.931, qui a confirmé l’impossibilité d’une application rétroactive de la loi sur les plans de santé.
José Eduardo Cardozo, avocat de Fenasaúde, a également plaidé pour le respect de l’acte juridique parfait, soulignant que l’application rétroactive du Statut des personnes âgées pourrait entraîner la faillite des opérateurs de mutuelle et exercer une pression accrue sur le SUS (Système unique de santé).
Lors de la première analyse de l’affaire, la rapporteure, la ministre Rosa Weber (aujourd’hui à la retraite), avait estimé que les contrats de mutuelle santé constituaient une relation de consommation durable et étaient donc soumis à la clause de non-discrimination prévue dans le Statut des personnes âgées. Elle avait rejeté le recours de l’opérateur de santé, considérant que le Statut transformait les consommateurs en “consommateurs âgés” bénéficiant d’une protection particulière.
Le ministre Alexandre de Moraes avait également voté pour le rejet du recours, mais pour des motifs différents, estimant que les ajustements tarifaires étaient valables à condition de respecter les tranches d’âge et les limites fixées par l’ANS. Les ministres Marco Aurélio et Dias Toffoli s’étaient cependant opposés à cette position, estimant que l’application du Statut aux contrats antérieurs violait l’acte juridique parfait.
La reprise de l’examen de l’affaire par le STF, avec une composition modifiée, laisse présager un vote serré et une décision potentiellement importante pour des millions de consommateurs et les opérateurs de mutuelle santé.
