Publié le 23 décembre 2025 à 02h19. L’ancien président américain Donald Trump a haussé le ton face au Venezuela et à la Colombie, menaçant de sanctions et de blocages pétroliers, tandis que les relations avec Bogotá atteignent un nouveau point bas.
- Donald Trump a annoncé un “blocus total et complet” des pétroliers vénézuéliens sanctionnés par Washington.
- Il a critiqué vivement le président colombien Gustavo Petro, l’accusant de favoriser le trafic de cocaïne et menaçant d’une intervention.
- La tension croissante entre Washington et ces deux pays d’Amérique latine s’inscrit dans une stratégie plus large visant à exercer une pression maximale sur leurs gouvernements.
Donald Trump a averti lundi Nicolás Maduro, le président vénézuélien, en affirmant que s’il persistait dans une attitude intransigeante, ce serait sa dernière erreur. Cette déclaration intervient en réponse à une question concernant la réaction possible de Maduro face à la pression accrue exercée par Washington sur Caracas. La semaine précédente, l’ancien président américain avait déjà annoncé un “blocus total et complet” de tous les pétroliers sanctionnés par Washington qui tenteraient d’entrer ou de sortir du Venezuela.
Cette annonce met fin aux spéculations concernant l’intérêt de Washington pour les ressources pétrolières du pays sud-américain et officialise un changement de stratégie qui semble viser à renverser le régime chaviste. Cette stratégie marque une évolution par rapport à la lutte précédente contre le trafic de drogue, qui avait déjà conduit à plus d’une centaine de décès extrajudiciaires de membres d’équipage de navires soupçonnés de transporter de la drogue dans les Caraïbes et le Pacifique, ainsi qu’au harcèlement de trois cargos pétroliers à ce jour.
« Je pense qu’il serait intelligent qu’il parte »,
Donald Trump, ancien président des États-Unis
Au-delà de ses attaques contre Maduro, Trump a également attisé les tensions avec la Colombie. Lors d’une conférence de presse à Mar-a-Lago, il a qualifié le président de gauche Gustavo Petro de « très méchant » et a affirmé qu’il n’était « pas un ami des États-Unis », l’accusant de permettre le trafic de cocaïne.
« Tu ferais mieux d’être prudent. Nous aimons les Colombiens, j’aime les Colombiens, […] mais leur nouveau chef est un fauteur de troubles. Tu ferais mieux de fermer ces usines de cocaïne. Nous savons où elles se trouvent. »
Donald Trump, ancien président des États-Unis
Ces accusations interviennent après que Petro ait évoqué, lors d’un événement gouvernemental, la possibilité pour Trump de récupérer des territoires qu’il estime lui avoir été volés au Venezuela, et en retour, de restituer le Texas et la Californie au Mexique. Petro avait alors suggéré d’utiliser ces territoires et les hydrocarbures vénézuéliens comme monnaie d’échange pour un “dialogue”, plutôt que de recourir à l’intimidation en mer des Caraïbes.
Le ton employé par Trump fait écho aux critiques formulées par le secrétaire d’État Marco Rubio le week-end précédent. Rubio avait souligné que la volonté d’un futur président colombien de coopérer avec les États-Unis serait plus importante que son orientation idéologique.
« Il ne s’agit pas de gauche ou de droite, il s’agit d’avoir un président au pouvoir qui coopère avec nous. Évidemment, la position qu’il [Petro] a prise contre les États-Unis a affecté nos relations. Nous essayons de limiter cela autant que possible. »
Marco Rubio, secrétaire d’État
L’escalade verbale entre Petro et Trump est le dernier épisode d’une relation déjà tendue, marquée par des attaques et des critiques mutuelles. En décembre dernier, Trump avait menacé d’intervenir en Colombie en raison de la production et du trafic de drogue, tandis que Petro avait répliqué en avertissant de ne pas menacer la souveraineté colombienne. Auparavant, Trump avait accusé Petro, sans preuve, d’être un “chef du trafic de drogue” et avait envisagé d’imposer des droits de douane à la Colombie, avant de finalement renoncer à cette mesure. Il avait également révoqué le visa américain de Petro après sa participation à une manifestation pro-palestinienne à New York.
Les relations bilatérales ont également été affectées par des incidents tels que le rappel des ambassadeurs et le refus d’accepter des vols de personnes expulsées des États-Unis. Alors que les élections colombiennes approchent, il est de plus en plus évident que le prochain gouvernement devra s’efforcer de rétablir les liens autrefois solides entre les deux pays.
Concernant la pression exercée sur le Venezuela, Trump a annoncé lundi, lors d’un événement où il a dévoilé un nouveau type de navire de guerre portant son nom, son intention de conserver à la fois la cargaison, estimée à 1,9 million de barils, et le premier pétrolier saisi le 10 septembre, le cargo Skipper.
