Publié le 2 décembre 2025 à 21h55. Le président colombien Gustavo Petro a fermement réagi aux menaces de Donald Trump d’une intervention militaire sur son territoire, liées à la production de cocaïne, en défendant la souveraineté de son pays et en mettant en avant les efforts de la Colombie dans la lutte contre le narcotrafic.
- Gustavo Petro a invité Donald Trump à constater sur place les efforts de la Colombie dans la destruction des laboratoires de cocaïne.
- Le président colombien a dénoncé les menaces à la souveraineté de son pays et rappelé les deux siècles de relations diplomatiques avec les États-Unis.
- Les tensions entre Petro et Trump se sont accrues ces derniers mois, notamment concernant les questions migratoires et les opérations américaines en mer.
Le président colombien Gustavo Petro a vivement réagi aux déclarations de Donald Trump évoquant une possible action militaire en Colombie pour lutter contre la production de cocaïne. L’ancien président américain avait affirmé que la Colombie produisait de la cocaïne qui était ensuite vendue aux États-Unis, laissant entendre que cela pourrait justifier une intervention.
« J’ai entendu dire que la Colombie produit de la cocaïne. Ils ont des usines de fabrication de cocaïne, et ensuite ils nous vendent cette cocaïne. Nous l’apprécions beaucoup. Mais oui, quiconque fait cela et la vend dans notre pays est exposé à des attaques. »
Donald Trump, ancien président des États-Unis
En réponse, Gustavo Petro a invité Donald Trump à se rendre en Colombie pour constater par lui-même les efforts déployés par son gouvernement. Il a souligné que la Colombie détruit en moyenne neuf laboratoires de cocaïne par jour, soit un laboratoire tous les 40 minutes, sans avoir recours à des missiles.
« Venez, monsieur Trump, en Colombie, je vous invite, pour participer à la destruction des neuf laboratoires quotidiens que nous réalisons pour que la cocaïne n’arrive pas aux États-Unis. Sans missiles, j’ai détruit 18 400 laboratoires dans mon gouvernement. Venez avec moi et je vous montrerai comment on détruit un laboratoire tous les 40 minutes, mais ne menacez pas notre souveraineté, car vous réveillerez le Jaguar. »
Gustavo Petro, président de la Colombie
Le président colombien a également rappelé que Donald Trump l’avait déjà calomnié et l’a mis en garde contre la poursuite de telles attaques. Il a insisté sur le rôle crucial de la Colombie dans la lutte contre le narcotrafic, soulignant que son pays avait intercepté des milliers de tonnes de cocaïne destinées au marché américain.
« Si un pays a aidé à arrêter des milliers de tonnes de cocaïne pour qu’elle ne soit pas consommée par les Américains, c’est la Colombie. »
Gustavo Petro, président de la Colombie
Cette escalade verbale s’inscrit dans un contexte de tensions croissantes entre Petro et Trump. Des désaccords sur la question migratoire et les déportations massives ont précédé les incidents en mer des Caraïbes et du Pacifique, où des embarcations colombiennes ont été attaquées sous prétexte de lutte contre le narcotrafic. Washington a également retiré son visa au président colombien et a remis en question l’efficacité de sa politique antidrogue. La tension entre Petro et Trump s’est accrue au fil des mois.
Récemment, Petro avait également dénoncé la décision de Trump de fermer l’espace aérien vénézuélien, estimant qu’un président étranger n’a pas le droit de prendre une telle mesure. La décision de Trump de fermer l’espace aérien vénézuélien a été rejetée en début de semaine par Petro. Il a souligné que l’espace aérien national est protégé par le droit international et que sa fermeture unilatérale par un pays étranger remettrait en cause le concept même de souveraineté nationale.

