Publié le 24 décembre 2025 09h00:00. Le virus du papillome humain (VPH) est extrêmement répandu, mais souvent mal compris. Une spécialiste démystifie les idées reçues sur cette infection et son lien avec le cancer du col de l’utérus, tout en soulignant l’importance du dépistage et de la vaccination.
- Le VPH est une famille de virus très courante, transmise par contact peau à peau.
- Dans la plupart des cas, l’infection est transitoire et ne provoque pas de symptômes.
- La vaccination et le dépistage régulier sont essentiels pour prévenir le cancer du col de l’utérus.
Bien que la majorité des individus soient exposés au virus du papillome humain (VPH) au cours de leur vie, de nombreuses zones d’ombre persistent quant à cette infection. Recevoir un résultat positif au VPH peut susciter de l’inquiétude, mais le lien avec le cancer du col de l’utérus est plus complexe qu’il n’y paraît. Pour éclairer ce sujet, nous avons interrogé le Dr Adeola Olaitan, oncologue gynécologue à l’hôpital Wellington, membre du groupe HCA Healthcare UK.
« Le VPH est une famille de virus qui infectent la peau et les muqueuses », explique le Dr Olaitan. « Il existe différents sous-types de VPH, identifiés par des chiffres. » La transmission se fait par contact direct peau à peau lors de relations sexuelles vaginales, anales ou orales, ou encore par le partage de jouets sexuels, selon le site web du NHS.
Le Dr Olaitan insiste sur le fait que, dans la plupart des cas, le VPH ne présente aucun danger. « Dans la majorité des situations, l’infection par le VPH est transitoire et bénigne. Le corps élimine généralement le virus naturellement en l’espace de deux ans, souvent sans que la personne ne soit même consciente d’être infectée », précise-t-elle.
Quelle est la principale idée fausse concernant le VPH ?
« Je pense que la plus grande erreur est la stigmatisation qui entoure le VPH », affirme le Dr Olaitan.
« Parce qu’il s’agit d’une infection sexuellement transmissible, les gens l’associent à la promiscuité, ce qui est faux. On peut contracter le VPH après un seul rapport sexuel. »
Dr Adeola Olaitan, oncologue gynécologue
Quels types de VPH augmentent le risque de cancer du col de l’utérus ?
Selon Eve Appeal, il existe plus de 200 types de VPH, classés en deux catégories : VPH à faible risque et VPH à haut risque. Environ 14 types de VPH sont considérés comme à haut risque de cancer du col de l’utérus, et deux d’entre eux (VPH 16 et VPH 18) sont responsables d’environ 70 % des cas de cancer du col de l’utérus, d’après Cancer Research UK.
« Les VPH 16 et 18 peuvent infecter le col de l’utérus et, si l’infection persiste, augmenter le risque de cancer », explique le Dr Olaitan.
Comment savoir si l’on est porteur du VPH ?
« En général, le VPH ne provoque aucun symptôme. Si vous ne passez pas de dépistage régulier du cancer du col de l’utérus, vous ne saurez pas si vous êtes infecté », souligne le Dr Olaitan. « La détection du VPH est importante car elle permet d’identifier les personnes à risque de développer des cellules anormales, qui, si elles ne sont pas traitées, peuvent évoluer vers un cancer du col de l’utérus. »
Toute personne ayant un col de l’utérus est invitée à un dépistage par le NHS tous les cinq ans, entre 25 et 64 ans, selon le site web du NHS. Lors de ce dépistage, un échantillon de cellules est prélevé sur le col de l’utérus et analysé pour détecter la présence de types de VPH à haut risque, ainsi que d’éventuelles anomalies cellulaires.
« Si le premier test révèle la présence d’un VPH à haut risque, un test de cytologie réflexe sera effectué sur le même échantillon pour rechercher des cellules anormales », précise le Dr Olaitan. « Si aucune anomalie n’est détectée, un nouveau dépistage sera programmé à un intervalle plus court. En cas de cellules anormales, une colposcopie sera réalisée pour examiner le col de l’utérus de plus près. »
Existe-t-il des moyens de se protéger contre le VPH ?
« Le vaccin contre le VPH est très efficace pour prévenir l’infection », assure le Dr Olaitan. « Il est généralement administré aux enfants âgés de 11 à 13 ans, mais il est également recommandé jusqu’à l’âge de 45 ans, bien que son efficacité diminue avec l’âge. Il peut être administré même si vous avez déjà été exposé au VPH ou si vous êtes actuellement infecté, car il renforce l’immunité. Il est donc toujours bénéfique de se faire vacciner, mais il est préférable de le faire jeune. »
Quels sont les symptômes du cancer du col de l’utérus à surveiller ?
« Les symptômes les plus courants du cancer du col de l’utérus sont des saignements après un rapport sexuel, des saignements entre les règles, des saignements après la ménopause ou des pertes vaginales anormales et persistantes », souligne le Dr Olaitan. « Bien que ces symptômes soient souvent liés à des affections bénignes, il est important de ne pas les ignorer et de consulter un médecin pour écarter toute cause plus grave. »
Quel est le message le plus important à retenir concernant le VPH et le cancer du col de l’utérus ?
« Il est essentiel de se rappeler que le cancer du col de l’utérus est évitable. Les personnes qui se soumettent régulièrement à un dépistage ont peu de risques de développer cette maladie », conclut le Dr Olaitan. « Le dépistage et la vaccination sont deux mesures essentielles pour préserver votre santé. »
