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Feux de forêt : 154 000 morts en 2024 liées à leurs fumées toxiques

by Thomas Caron
Le bilan meurtrier des fumées et de la pollution atmosphérique

Le rapport 2025 du Lancet Countdown, publié le 29 octobre, révèle qu’en 2024, la pollution aux particules fines issues des fumées de feux de forêt a causé un record de 154 000 décès. Ce phénomène s’inscrit dans une dégradation globale de la santé humaine liée au réchauffement climatique et à la combustion d’énergies fossiles.

Le climat ne se contente plus de modifier les paysages ; il dérègle activement la biologie humaine. Selon un rapport annuel de référence publié par le Lancet, le réchauffement climatique et l’usage d’énergies fossiles comme le gaz et le charbon constituent une menace sans précédent pour la santé mondiale.

Le bilan meurtrier des fumées et de la pollution atmosphérique

L’année 2024 a marqué un tournant critique avec 154 000 morts spécifiquement attribuées à la pollution issue des incendies de forêt. Ces feux, exacerbés par des étés plus secs et une mortalité accrue des arbres, libèrent des particules fines qui dégradent la qualité de l’air bien au-delà des zones sinistrées. Ces fumées peuvent déclencher des crises d’asthme, aggraver des difficultés respiratoires et augmenter les risques de pneumonies.

Le bilan meurtrier des fumées et de la pollution atmosphérique

Cette toxicité atmosphérique ne se limite pas aux incendies. La pollution liée aux énergies fossiles a causé plus de 2,5 millions de décès en 2022. Si cette tendance globale est à la baisse grâce à la réduction du charbon dans les pays développés, la pollution a tout de même franchi un nouveau record en 2024.

546 000 décès annuels liés à la chaleur entre 2012 et 2021

Pour la première fois, le Lancet Countdown a chiffré la mortalité directe provoquée par la chaleur. Entre 2012 et 2021, une moyenne de 546 000 décès par an a été enregistrée, principalement en Afrique, au Moyen-Orient et en Asie du Sud.

546 000 décès annuels liés à la chaleur entre 2012 et 2021

L’augmentation est brutale : ce chiffre dépasse de plus de moitié le niveau des années 1990. Même en neutralisant l’effet de la croissance démographique mondiale, la mortalité liée à la chaleur a progressé de presque un quart. Les populations les plus fragiles sont en première ligne.

Groupe vulnérable Impact constaté (Lancet 2025)
Bébés ( 65 ans) Nombre record de jours de canicule en 2024
Exposition moyenne (20 ans) Durée d’exposition plus que triplée

Au-delà du risque de décès, la chaleur excessive provoque des défaillances d’organes, des troubles rénaux et des maladies cardiovasculaires. Elle altère également des piliers de la santé mentale et physique en nuisant au sommeil et en décourageant l’activité physique.

L’expansion géographique des maladies infectieuses et des vecteurs

Le réchauffement climatique modifie la carte des maladies en permettant à des insectes vecteurs de s’installer dans des régions autrefois trop froides. La dengue en est l’exemple le plus frappant : le potentiel mondial de transmission du virus a bondi de plus de moitié par rapport aux années 1950, contribuant à plus de sept millions de cas en 2024.

D’autres menaces s’étendent également :

  • Le moustique tigre : désormais bien présent en Europe.
  • La tique sanguine : transmettant la fièvre hémorragique de Crimée-Congo.
  • Le phlébotome : vecteur de la leishmaniose, une maladie parasitaire.

Sécurité alimentaire et catastrophes naturelles

L’impact climatique se traduit aussi par des événements météorologiques extrêmes. En 2024, les tempêtes, inondations et sécheresses ont causé au moins 16 000 morts. Cependant, ce chiffre occulte la crise nutritionnelle sous-jacente.

Sécurité alimentaire et catastrophes naturelles
Photo: ACTU

L’accélération des canicules et des sécheresses a menacé la sécurité alimentaire de 123,4 millions de personnes en 2023. Ce décompte est partiel, puisqu’il ne repose que sur l’analyse de 124 pays sur les 200 environ que compte le monde.

L’urgence d’une réponse systémique et hospitalière

Face à l’explosion des risques, l’État est appelé à transformer le système de santé public pour le rendre gratuit et accessible. Un plan de redressement massif pour l’hôpital public est préconisé, incluant une revalorisation budgétaire de 6,3 milliards d’euros et un investissement de 2,5 milliards d’euros pour la rénovation des bâtiments.

Pour protéger les populations, notamment les plus vulnérables comme les personnes sans domicile, les enfants, les femmes enceintes et les immunodéprimés, plusieurs mesures concrètes sont suggérées :

  • Accélérer la rénovation thermique des logements.
  • Ouvrir des refuges de chaleur, tels que des parcs ou des piscines.
  • Renforcer la protection contre la chaleur sur les lieux de travail.

En attendant ces mesures structurelles, les autorités sanitaires recommandent, en cas de fumées d’incendies, de s’éloigner du foyer, de se réfugier à l’intérieur en fermant portes et fenêtres, et de limiter strictement l’exposition aux fumées.

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