Publié le 26 octobre 2023. Deux immeubles d’habitation du quartier de Tiong Bahru à Singapour ont échoué à se qualifier pour le programme d’amélioration de l’habitat (HIP), malgré une campagne de sensibilisation menée par les résidents et les élus locaux. Le seuil de 75% de votes favorables, requis pour lancer les travaux, n’a pas été atteint, laissant certains habitants face à des dépenses imprévues.
- Deux immeubles sur 29 dans le quartier de Seng Poh n’ont pas atteint le seuil de 75% de votes favorables pour le programme HIP.
- Le bloc situé au 34, rue Kim Cheng, a échoué de seulement deux voix, tandis qu’un autre n’a manqué le seuil que d’une seule voix.
- Les résidents peuvent encore faire appel auprès du Housing and Development Board (HDB) pour une réévaluation de leur candidature.
Dans les semaines précédant le vote concernant l’éligibilité au programme d’amélioration de l’habitat (HIP) pour le quartier de Seng Poh, à Tiong Bahru, une incertitude planait parmi les habitants. Le HIP, une initiative gouvernementale financée par les contribuables, vise à moderniser les logements du Conseil de logement et de développement (HDB) en s’attaquant aux problèmes d’entretien liés au vieillissement des bâtiments, tels que l’érosion du béton.
Pour qu’un projet HIP soit approuvé, il est impératif qu’au moins 75% des foyers citoyens singapouriens éligibles votent en faveur de celui-ci. Chaque voix compte, et les résidents Clarence Soh et Robin Loi ont consacré des mois à expliquer les avantages du programme à leurs voisins.
« Nous avons fait du porte-à-porte pour les rencontrer, pour comprendre leurs préoccupations », a expliqué M. Loi, âgé de 70 ans. Le programme HIP offre la possibilité de réparer les espaces communs et les installations vieillissantes, améliorant ainsi la sécurité et le bien-être de tous les résidents. Il permet également de réaliser des travaux essentiels dans les appartements à un coût considérablement réduit grâce aux subventions.
Un aspect important du programme est que même en votant pour le HIP, les résidents peuvent choisir de ne pas réaliser les travaux d’amélioration dans leur propre appartement, sans pour autant priver l’ensemble du bloc des bénéfices du projet.
Cependant, malgré ces avantages, de nombreux habitants ont exprimé des inquiétudes concernant les nuisances sonores et les désagréments potentiels liés aux travaux. D’autres étaient difficiles à joindre, notamment ceux qui travaillaient en dehors de leur domicile. Certains n’ont pas répondu aux appels, tandis que d’autres se sont engagés à voter mais ne se sont finalement pas présentés.
Finalement, ces quelques absences se sont avérées déterminantes. Le bloc de M. Loi, situé au 34, rue Kim Cheng, fait partie des deux qui n’ont pas atteint le seuil requis. Après plus de 50 ans passés dans cet immeuble, M. Loi espérait pouvoir remplacer les canalisations d’eau grâce au HIP, ce qui lui aurait permis d’économiser environ 300 dollars singapouriens (environ 220 euros).
« Malheureusement, certains d’entre eux ne vivent plus ici et étaient difficiles à contacter. Malgré tous nos efforts, nous n’avons pu faire plus », a-t-il regretté.
Les campagnes de sensibilisation pour le HIP débutent souvent plusieurs mois à l’avance, avec des élus, des bénévoles et des résidents qui se rendent chez les habitants à plusieurs reprises. Cependant, comme l’a souligné Foo Cexiang, député de la circonscription de représentation du groupe Tanjong Pagar, qui supervise le secteur de Seng Poh, une mobilisation importante ne garantit pas toujours une participation élevée, comme le montre l’échec du vote dans ces deux immeubles.
L’échec du vote n’est toutefois pas définitif. Les résidents des immeubles concernés ont la possibilité de faire appel auprès du HDB pour demander une réévaluation de leur candidature au programme HIP.
