La Cour suprême des États-Unis a rejeté mardi une demande de l’administration Trump visant à déployer la Garde nationale à Chicago pour renforcer la politique d’immigration. Cette décision, bien que non définitive, pourrait freiner d’autres tentatives similaires dans des villes dirigées par des démocrates.
La requête d’urgence de l’administration républicaine avait pour objectif d’annuler la décision de la juge fédérale April Perry, qui avait bloqué le déploiement des troupes. Une cour d’appel avait précédemment confirmé cette suspension. La Cour suprême a mis plus de deux mois à rendre son verdict, et trois de ses juges – Samuel Alito, Clarence Thomas et Neil Gorsuch – ont fait part de leur désaccord.
L’administration Trump avait justifié ce déploiement par la nécessité de « protéger le personnel et les biens fédéraux contre toute résistance violente à l’application des lois fédérales sur l’immigration ». Cependant, la juge Perry avait estimé qu’il n’existait aucune preuve d’un « risque d’insurrection » en Illinois, ni d’entrave à la politique migratoire de l’administration.
Initialement, l’administration avait sollicité l’envoi de troupes de l’Illinois et du Texas. Le contingent texan, composé d’environ 200 soldats de la Garde nationale, avait finalement été rappelé de Chicago.
Ce revers devant la Cour suprême est rare pour le président Trump, qui avait jusqu’alors obtenu de nombreuses victoires en appel d’urgence depuis son entrée en fonction en janvier. La Cour, bien que conservatrice, avait précédemment autorisé l’administration à interdire aux personnes transgenres de servir dans l’armée, à récupérer des fonds fédéraux et à révoquer des directeurs d’agences indépendantes.
L’affaire de Chicago s’inscrit dans un contexte plus large de batailles juridiques concernant le déploiement de la Garde nationale. Le procureur général du District de Columbia a intenté une action en justice pour stopper le déploiement de plus de 2 000 gardes nationaux dans la capitale fédérale, une action soutenue par 22 États et contestée par 23 autres. Plus de 2 200 soldats provenant d’États dirigés par des républicains sont toujours stationnés à Washington, malgré la fin de l’état d’urgence décrété en août.
Par ailleurs, un juge fédéral de l’Oregon a définitivement bloqué le déploiement de la Garde nationale dans cet État, et les 200 soldats déployés en Californie ont été rapatriés. Un tribunal du Tennessee a également donné raison aux élus démocrates qui s’opposaient au déploiement de la Garde nationale à Memphis. En Californie, un juge a jugé en septembre que le déploiement dans la région de Los Angeles était illégal.
L’administration Trump a fait appel des décisions de Californie et de l’Oregon devant la Cour d’appel du neuvième circuit des États-Unis. Le centre de détention de l’Immigration et des Douanes (ICE) à Broadview, en banlieue de Chicago, a été le théâtre de manifestations tendues, au cours desquelles des agents fédéraux ont utilisé des gaz lacrymogènes contre les manifestants et les journalistes. La semaine dernière, 21 manifestants ont été arrêtés et quatre policiers blessés devant ce centre.
