Le groupe SpaceX intègre l’indice Nasdaq 100 ce 7 juillet, seulement 25 jours après son introduction en Bourse historique. Cette inclusion rapide, facilitée par une modification des règles de l’opérateur boursier, intervient alors que le titre subit une correction importante, chutant d’environ 30 % depuis ses sommets de juin.
Une intégration accélérée pour limiter le décalage du marché
L’entrée de SpaceX dans le Nasdaq 100 ne doit rien au hasard, mais tout à une évolution méthodologique. Traditionnellement, les sociétés devaient attendre une revue annuelle ou un remplacement pour intégrer cet indice phare. Selon BFM Bourse, le Nasdaq a modifié ses règles pour permettre aux méga-introductions en Bourse d’y figurer plus rapidement.

L’objectif affiché est d’offrir aux investisseurs une image fidèle de la composition du marché. L’opérateur boursier a déploré que l’ancien système créait “un décalage entre les attentes des investisseurs et la représentation du marché dans l’indice”. Ce changement impacte directement la gestion passive, notamment l’ETF “QQQ”, très prisé des particuliers américains.
Cette tendance à l’accélération n’est pas isolée. FTSE Russell a adopté une approche similaire pour ses indices Russell US, afin qu’ils soient “alors plus représentatifs de l’ensemble du marché boursier américain à tout moment”, rapporte BFM Bourse.
L’euphorie des débuts face à la réalité boursière
Le parcours de SpaceX depuis son IPO le 12 juin ressemble à des montagnes russes. L’opération a battu tous les records, devenant la plus importante de l’histoire. Selon Le Figaro, SpaceX a levé 75 milliards de dollars, triplant le record précédent détenu par Saudi Aramco depuis 2019.

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L’engouement initial a propulsé le titre bien au-delà du prix d’introduction de 135 dollars. Le cours a grimpé jusqu’à plus de 175 dollars le 16 juin, avant de s’essouffler. Aujourd’hui, le titre oscille autour de 160 dollars. Si ce prix reste supérieur au prix d’introduction, il marque une chute de 20 % par rapport à la clôture du 16 juin et de 30 % depuis son plus haut historique.
Deux facteurs ont accentué cette pression vendeuse :
- Une nouvelle dette : L’annonce d’une émission d’obligations pour lever 25 milliards de dollars a entraîné une chute de 16,4 % du titre le 22 juin.
- Le risque de dilution : Des centaines de millions, voire des milliards d’actions pourraient inonder le marché à mesure que les clauses de conservation des titres (lockups) expirent. BFM Bourse précise que pas moins de 17 lockups arrivent à échéance d’ici à un an.
Valorisation record et paradoxes du “ticker”
Malgré la correction récente, la capitalisation boursière de SpaceX est colossale. Avec un cours proche de 161 dollars, l’entreprise est valorisée à environ 2 100 milliards de dollars. Ce chiffre place le groupe au sixième rang mondial, devant Meta et Tesla, bien que loin derrière le trio Nvidia, Alphabet et Apple, toutes à plus de 4 000 milliards de dollars de capitalisation.
Cette ascension financière a propulsé Elon Musk au rang de premier billionnaire de l’histoire. Détenteur de 42 % des parts, sa fortune a atteint 1 110 milliards de dollars selon le Billionaires Index de Bloomberg.
Cependant, l’entrée en Bourse a aussi généré des effets collatéraux insolites. Le Figaro rapporte que des spéculateurs ont parié sur une confusion entre le ticker de SpaceX (SPCX) et celui de Virgin Galactic (SPCE). Ce “halo effect” a fait presque tripler la valeur de l’action de Virgin Galactic en un mois, certains investisseurs espérant que des acheteurs pressés se tromperaient de ligne.
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Ce que disent les analystes sur l’avenir du titre
L’intégration au Nasdaq 100 pourrait agir comme un stabilisateur en attirant les flux de gestion passive. Pour les courtiers, la période de silence sur les analyses est terminée et les avis sont globalement optimistes. Boursorama indique que le cours cible médian des 13 analystes couvrant le titre s’établit à 216 dollars.

L’analyse du marché révèle toutefois une fragilité structurelle : le flottant n’est que de 4 %. Une part significative est détenue par des investisseurs particuliers, sous-alloués lors de l’IPO. Selon BFM Bourse, cela crée un “volant d’inertie” dans les premiers jours de cotation via la tokenisation de l’action.
Pour stabiliser le cours, SpaceX mise sur des catalyseurs à court terme. L’inclusion dans d’autres indices, notamment le Russell et les indices MSCI prévus pour juin ou juillet, pourrait compenser la pression vendeuse actuelle.
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