Publié le 8 décembre 2025 à 03h54. Une étude danoise d’envergure révèle que les personnes diabétiques de type 1 et de type 2 présentent un risque considérablement accru de mort subite d’origine cardiaque, réduisant leur espérance de vie de plusieurs années. Ces résultats soulignent l’urgence d’identifier et de protéger les individus les plus vulnérables.
- Les personnes atteintes de diabète de type 1 et de type 2 présentent un risque accru de mort subite d’origine cardiaque, respectivement 3,7 et 6,5 fois supérieur à celui de la population générale.
- Ce risque est particulièrement élevé chez les jeunes adultes atteints de diabète de type 1.
- La mort subite d’origine cardiaque contribue à une perte d’espérance de vie significative chez les diabétiques, de 3,4 ans pour le type 1 et de 2,7 ans pour le type 2.
Une vaste étude menée au Danemark a permis de quantifier l’impact du diabète sur la mort subite d’origine cardiaque (MSOC). Publiée dans le Journal européen du cœur, cette recherche a analysé les données de plus de 5,5 millions de personnes vivant au Danemark en 2010.
La MSOC, définie comme un décès inattendu causé par un arrêt cardiaque soudain, est souvent due à un trouble du rythme cardiaque. Les stratégies de prévention actuelles se concentrent principalement sur les patients présentant des maladies cardiovasculaires connues, laissant de côté des populations à risque comme les personnes diabétiques. Or, il est établi que le diabète augmente le risque de MSOC, mais l’ampleur de cet impact restait jusqu’à présent mal définie.
L’étude révèle que les personnes diabétiques vivent en moyenne moins longtemps que la population générale. Les personnes de 30 ans atteintes de diabète de type 1 perdent en moyenne 14,2 années de vie, tandis que celles atteintes de diabète de type 2 en perdent 7,9. Une part importante de cette réduction de l’espérance de vie est liée aux maladies cardiovasculaires, et plus précisément à la MSOC, qui représente une perte de 3,4 années pour le type 1 et de 2,7 années pour le type 2.
Les chercheurs ont analysé les données de 25 020 personnes atteintes de diabète de type 1 et de 172 669 personnes atteintes de diabète de type 2. Ils ont constaté que les patients diabétiques étaient significativement plus âgés que la population générale (âge médian de 45 ans pour le type 1 et de 64 ans pour le type 2, contre 37 ans pour l’ensemble de la population). De plus, la proportion d’hommes était plus élevée dans les groupes de patients diabétiques.
L’analyse des données cliniques a montré que les cas de MSOC chez les personnes diabétiques étaient plus jeunes que ceux survenant chez les non-diabétiques, et qu’ils concernaient plus souvent des hommes. Les patients diabétiques présentaient également davantage de comorbidités cardiovasculaires, telles que l’insuffisance cardiaque, les troubles du rythme cardiaque et la cardiomyopathie. Ils souffraient également plus fréquemment de problèmes rénaux, pulmonaires, neurologiques et hépatiques.
Les taux d’incidence de MSOC étaient de 394 pour 100 000 années-personnes chez les personnes atteintes de diabète de type 1 et de 681 chez celles atteintes de diabète de type 2, contre 105 dans la population générale. Le risque relatif était particulièrement élevé chez les jeunes adultes atteints de diabète de type 1 (22,7 fois plus élevé chez les 30 à 40 ans).
Les chercheurs ont utilisé des modèles statistiques complexes pour confirmer que le diabète était un facteur de risque indépendant de MSOC, même après avoir pris en compte d’autres facteurs de risque tels que les maladies cardiaques et l’insuffisance rénale. Ils soulignent également que l’hypoglycémie pourrait jouer un rôle dans le risque accru de MSOC chez les personnes diabétiques.
Cette étude confirme l’importance de dépister et de gérer les facteurs de risque cardiovasculaires chez les personnes diabétiques, et souligne la nécessité de mener des recherches supplémentaires pour mieux comprendre les mécanismes sous-jacents à l’augmentation du risque de MSOC dans cette population.
