Publié le 28 décembre 2025 04:08:00. L’année 2026 s’annonce comme un tournant majeur dans le domaine de la santé, avec l’arrivée de traitements innovants capables de stopper la progression de maladies graves et d’améliorer significativement la qualité de vie des patients.
- De nouvelles pilules pour perdre du poids, alternatives aux injections actuelles, seront disponibles en Europe.
- Des traitements oraux prometteurs pour réduire le cholestérol LDL et régénérer l’os sont en phase avancée de développement.
- Des avancées majeures sont attendues dans la lutte contre la maladie d’Alzheimer, la sclérose en plaques, la maladie de Huntington et la SLA.
La recherche pharmaceutique connaît une accélération sans précédent, avec des innovations qui, il y a encore quelques années, relevaient de la science-fiction. L’année 2026 devrait marquer un point d’inflexion, notamment pour les patients atteints de pathologies jusqu’alors considérées comme incurables ou difficilement traitables.
Le marché des médicaments contre l’obésité et le diabète est sur le point de connaître une nouvelle révolution. Après le succès des médicaments injectables comme Ozempic, Wegovy et Mounjaro, qui permettent une perte de poids efficace en régulant la glycémie, une alternative orale est désormais à portée de main. Les laboratoires pharmaceutiques, tels que Novo Nordisk, Lilly, AstraZeneca et Roche, travaillent activement à la mise au point de ces comprimés, qui devraient obtenir l’autorisation de mise sur le marché en Europe en 2026 après avoir entamé leur processus réglementaire auprès de l’Agence européenne des médicaments (EMA).
Ces comprimés agissent en mimant l’action de l’hormone GLP1, avec des effets secondaires similaires (nausées, constipation…), mais offrent l’avantage de ne pas nécessiter d’injection, un obstacle pour de nombreux patients. Ils peuvent être pris à tout moment de la journée, même à jeun, et se conservent à température ambiante.
Cholestérol : la fin des injections ?
Deux nouvelles pilules, Laroporvstat et MK-0616, sont en passe de changer la donne dans la prise en charge de l’hypercholestérolémie. Elles agissent en inhibant la protéine PCSK9, responsable de l’augmentation du « mauvais » cholestérol (LDL) dans le sang. Leur commodité, comparée aux traitements injectables actuels, devrait améliorer l’observance thérapeutique. Les études ont démontré qu’elles peuvent réduire le taux de LDL jusqu’à 50 %, un enjeu majeur de santé publique, car l’hypercholestérolémie touche la moitié de la population, dont la moitié ignore sa condition et ne se soigne pas, augmentant ainsi le risque de maladies cardiovasculaires, de crises cardiaques et d’accidents vasculaires cérébraux.
AstraZeneca et Merck sont à l’origine de ces avancées, qui sont actuellement en phase avancée d’étude et devraient prochainement faire l’objet de demandes d’approbation auprès des agences réglementaires (FDA et EMA).
Des espoirs pour les maladies neurodégénératives
Dans le domaine des maladies neurodégénératives, des progrès significatifs sont attendus. Lilly développe un médicament qui, contrairement aux traitements actuels qui ne traitent que les symptômes, ralentit réellement la progression de la maladie d’Alzheimer. Les études ont montré qu’il permet d’éliminer les plaques amyloïdes, responsables de la mort neuronale, chez 75 % des patients. Kisunla, son nom, sera disponible en Espagne en 2026 et dans le reste de l’Europe entre 2026 et 2027.
Roche travaille également sur un médicament oral, le fénébrutinib, en phase 3 de développement, pour ralentir la progression de la sclérose en plaques grâce à un double mécanisme d’action qui combat l’inflammation aiguë et chronique.
La maladie de Huntington et la SLA dans le viseur
La pridopidine, un comprimé administré par voie orale, représente un espoir pour les patients atteints de la maladie de Huntington et de la sclérose latérale amyotrophique (SLA). Ce médicament puissant et sélectif stimule les mécanismes neuroprotecteurs clés de ces deux maladies. Il est actuellement en phase 3 d’étude pour la maladie de Huntington, avec des résultats prometteurs publiés dans la revue Nature Medicine. Pour la SLA, il est en phase avancée de développement clinique, avec le lancement d’un essai de phase 3 prévu en janvier 2026.
Développé par Ferrer, ce médicament est le premier traitement visant à stopper la progression de la maladie de Huntington, qui jusqu’à présent ne disposait que de traitements symptomatiques et de soins palliatifs.
Régénérer l’os et lutter contre l’ostéoporose
Entera Bio a mis au point le premier médicament en pilule capable d’augmenter significativement la densité minérale osseuse en cas d’ostéoporose ou de faible densité minérale osseuse, au niveau du col fémoral, de la hanche et de la colonne lombaire, avec un effet rapide. Les études ont également montré un renforcement de la couche externe et de la structure interne de l’os.
Cet effet est comparable à celui des médicaments injectables actuels, mais la prise orale pourrait améliorer l’observance du traitement. Le médicament est actuellement dans les dernières phases de recherche et devrait prochainement entamer les procédures réglementaires d’accès au marché.
Adieu les bouffées de chaleur sans risque pour les patientes atteintes d’un cancer du sein
Lynkuet, développé par Bayer, sera le premier médicament non hormonal contre les bouffées de chaleur adapté aux patientes atteintes d’un cancer du sein. Ce traitement pourrait également être utilisé par les femmes suivant une hormonothérapie pour un cancer du sein, qui ne peuvent pas bénéficier d’une hormonothérapie substitutive en raison du risque accru de récidive. Il a démontré une amélioration significative des symptômes et de l’humeur, selon une étude publiée dans le New England Journal of Medicine. De plus, il bloque deux neurokinines (1 et 3), prévenant ainsi les lésions hépatiques potentielles associées à d’autres traitements non hormonaux.
Linkuet a récemment reçu l’approbation de l’EMA pour sa commercialisation en Europe et est déjà autorisé au Royaume-Uni et au Canada. Son approbation par l’agence américaine des médicaments est en attente.
Un traitement innovant pour l’asthme sévère
Le dépémokimab, un anticorps monoclonal injectable à action ultra prolongée, offre une nouvelle perspective aux patients souffrant d’asthme sévère de type 2. Administré tous les six mois, il a prouvé son efficacité et améliore l’observance du traitement. GSK prévoit de lancer ce médicament sur le marché après sa récente approbation par l’EMA.
Un vaccin contre le streptocoque du groupe B pour protéger les nouveau-nés
Pfizer développe un vaccin administré aux femmes pendant la grossesse pour prévenir les infections graves chez les nouveau-nés causées par les six variantes les plus courantes du streptocoque du groupe B (méningite, septicémie, pneumonie). Ce vaccin, en phase finale d’étude (phase 3), pourrait également permettre d’éviter le dépistage microbiologique pendant la grossesse et l’administration d’antibiotiques lors de l’accouchement, en particulier dans les pays en développement.
Des avancées prometteuses pour lutter contre la calvitie
Absci a développé un anticorps monoclonal, ABS-201, conçu par intelligence artificielle, qui agit sur un récepteur impliqué dans le cycle pilaire. Les premiers essais sur des primates ont montré une repousse des cheveux, et, de manière surprenante, des cheveux neufs sans gris. Les premiers essais sur des humains ont débuté en Australie en décembre dernier. Bien qu’il ne soit pas disponible en 2026, ce traitement représente un nouvel espoir pour les personnes souffrant d’alopécie androgénétique.
La médecine de longévité : prolonger la vie en bonne santé
Bien que le vieillissement ne soit pas reconnu comme une maladie, la médecine s’intéresse de plus en plus à la prolongation de la vie en bonne santé. Certains médicaments, initialement prescrits pour d’autres pathologies, ont démontré un effet géroprotecteur. La metformine, la rapamycine, le resvératrol, la Glycine + N-acétylcystéine et le Nicotinamide Mononucléotide sont quelques exemples, mais leur utilisation dans le cadre de la médecine de longévité n’est pas encore approuvée.
