Publié le 26 novembre 2025 à 01h47. Des recherches récentes mettent en lumière un lien subtil entre des anomalies pulmonaires persistantes après une infection au Covid-19 et des troubles du sommeil ainsi que des altérations de l’activité cérébrale, offrant de nouvelles pistes pour comprendre les symptômes prolongés de la maladie.
- Une étude a révélé que des échanges gazeux pulmonaires moins efficaces chez les patients atteints de Covid long sont associés à des troubles du sommeil plus importants, à une diminution des fonctions exécutives et à une augmentation de la perfusion cérébrale.
- Malgré des tests pulmonaires souvent normaux, l’imagerie pulmonaire avancée permet de détecter des anomalies subtiles qui pourraient expliquer les symptômes persistants.
- Les chercheurs soulignent la nécessité d’études plus approfondies pour mieux comprendre les mécanismes en jeu et développer des traitements ciblés.
Des millions de personnes à travers le monde continuent de souffrir des conséquences à long terme du Covid-19, notamment d’essoufflement, de fatigue, d’intolérance à l’exercice et de troubles cognitifs communément appelés « brouillard cérébral ». Si les symptômes respiratoires sont fréquents, les examens pulmonaires classiques ne parviennent pas toujours à identifier les causes sous-jacentes de ces difficultés persistantes.
Une équipe de chercheurs a récemment publié une étude dans la revue Scientific Reports, qui explore le lien entre les anomalies pulmonaires et les symptômes cognitifs chez les patients atteints de Covid long. L’étude a porté sur des participants présentant des symptômes en moyenne 32 ± 5 mois (fourchette de 24 à 43 mois) après l’infection initiale.
Pour mesurer avec précision la ventilation régionale et les échanges gazeux, les chercheurs ont utilisé une technique d’imagerie par résonance magnétique (IRM) sophistiquée, l’IRM hyperpolarisée au xénon 129 (129Xe). Cette méthode permet de détecter des anomalies qui pourraient échapper aux tests pulmonaires conventionnels. Parallèlement, des IRM cérébrales ont été réalisées pour évaluer la structure et la fonction du cerveau, ainsi que des tests cognitifs pour mesurer les performances intellectuelles des participants.
L’étude a inclus des adultes de plus de 18 ans souffrant de dyspnée (essoufflement) ou de fatigue persistante après une infection au SARS-CoV-2. Pour être éligibles, les participants devaient avoir un test PCR négatif et présenter soit une hospitalisation antérieure, soit des anomalies pulmonaires détectées lors d’examens, soit des anomalies observées sur des scanners thoraciques (tomodensitométrie, ou CT scan). Les personnes souffrant d’infections respiratoires actives ou d’autres affections cardiopulmonaires ont été exclues de l’étude.
Les résultats ont révélé que les participants atteints de Covid long signalaient fréquemment de la fatigue, de la dyspnée, des maux de tête et des problèmes cognitifs importants. Cependant, les performances cognitives objectives sont restées normales pour la plupart des participants, à l’exception d’un seul qui présentait des déficits spécifiques dans les fonctions exécutives, la vitesse de traitement et le langage. Les tests de la fonction pulmonaire étaient également normaux pour la plupart des individus.
L’analyse des données a révélé une corrélation significative entre une efficacité réduite des échanges gazeux pulmonaires et des troubles du sommeil plus importants, une augmentation de la perfusion cérébrale et une diminution des fonctions exécutives. La perfusion cérébrale était également fortement liée aux problèmes de sommeil. Ces résultats suggèrent qu’une altération des échanges gazeux pulmonaires pourrait perturber la fonction cérébrale et contribuer aux symptômes persistants du Covid long.
Les chercheurs soulignent que cette étude met en évidence la nature interconnectée des échanges gazeux, de la perfusion cérébrale et des troubles du sommeil chez les patients atteints de Covid long. Ils appellent à la réalisation d’études plus vastes et mieux contrôlées pour confirmer ces résultats et identifier les mécanismes précis qui sous-tendent ces liens. Ces recherches pourraient ouvrir la voie à des interventions thérapeutiques ciblées pour améliorer la qualité de vie des personnes souffrant de Covid long.
Référence de l’étude :
- Staab, KR, Mcintosh, MJ, Pulity, Ask, Hahn, AD, Alarab, N., Percy, Llanning, lanning, lanning, ss., theeler, j., Linekenyer, C., Wharff, CJ, Sieren, Jc, Hoffman, Ea, 25). Long Covid : physiopathologie pulmonaire et sa relation avec le dysfonctionnement cognitif. Scientific Reports. DOI : 10.1038/S41598-025-26568-Y, https://www.nature.com/articles/s41598-025-26568-y
