Home SantéUne étude de l’UCSF identifie les signatures neuronales de la surcharge sensorielle chez les enfants

Une étude de l’UCSF identifie les signatures neuronales de la surcharge sensorielle chez les enfants

by Sophie Martin

Publié le 22 novembre 2025. Une nouvelle étude de l’UCSF révèle des différences significatives dans l’activité cérébrale des enfants hypersensibles aux stimuli sensoriels, ouvrant la voie à des traitements plus personnalisés pour les troubles du traitement sensoriel.

  • Des chercheurs ont identifié un schéma d’activité cérébrale distinct chez les enfants présentant une forte sensibilité aux sons, aux lumières et aux sensations tactiles.
  • L’activité des réseaux cérébraux liés aux fonctions externes est réduite, tandis que celle des réseaux impliqués dans les fonctions internes est accrue chez ces enfants.
  • Ces découvertes pourraient permettre d’affiner les thérapies existantes et de les adapter aux besoins spécifiques de chaque enfant.

Les troubles du traitement sensoriel, qui affectent la manière dont le cerveau interprète et réagit aux informations sensorielles, touchent une part significative de la population infantile. Bien qu’ils ne soient pas encore reconnus comme un diagnostic médical officiel, ces troubles peuvent entraîner des réactions émotionnelles et comportementales intenses, telles que des crises de colère, et impacter considérablement la qualité de vie des enfants concernés. Une étude récente, financée par les National Institutes of Health (NIH), apporte de nouvelles perspectives sur les mécanismes cérébraux sous-jacents à ces difficultés.

L’équipe de l’UCSF a étudié 83 enfants neurodivergents âgés de 8 à 12 ans. La moitié d’entre eux se sont avérés particulièrement sensibles à certains bruits, lumières ou sensations tactiles, tandis que l’autre moitié ne présentait pas cette hypersensibilité. En utilisant l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf), une technique qui mesure l’activité cérébrale en détectant les variations des niveaux d’oxygénation sanguine, les chercheurs ont mis en évidence des différences notables entre les deux groupes.

Les enfants hypersensibles présentaient une activité réduite dans les réseaux cérébraux responsables des fonctions dites « externes », telles que la motricité et la perception sensorielle. En parallèle, l’activité des réseaux cérébraux impliqués dans les fonctions « internes », comme la cognition et le contrôle des impulsions, était significativement plus élevée. À l’inverse, les enfants moins sensibles affichaient un schéma d’activité opposé.

« Nous pensons que lorsque vous êtes surstimulé par des stimuli sensoriels, vous compensez en activant les réseaux de votre cerveau centrés sur l’intérieur pour acquérir la maîtrise de soi. Vous réduisez également vos réseaux orientés vers l’extérieur pour minimiser les apports sensoriels. »

Pratik Mukherjee, MD, PhD, professeur de neuroradiologie à l’UCSF

« Les enfants qui ne sont pas submergés émotionnellement par ce message – certains n’y réagissent même pas suffisamment – font le contraire. »

Pratik Mukherjee, MD, PhD, professeur de neuroradiologie à l’UCSF

Des études antérieures suggèrent que 5 à 12 % des enfants aux États-Unis sont concernés par des problèmes de traitement sensoriel, ce qui pourrait expliquer une part importante de l’instabilité émotionnelle observée chez les enfants d’âge scolaire. Le traitement actuel repose souvent sur une exposition progressive aux stimuli sensoriels, afin d’aider les enfants à les tolérer. Les découvertes de l’équipe de l’UCSF pourraient permettre d’optimiser ces thérapies.

« Si nous connaissons les schémas cérébraux d’un enfant individuel et comment cela correspond à ses émotions et à son comportement, nous pourrons peut-être les utiliser pour personnaliser les traitements », explique Pratik Mukherjee. Cette approche personnalisée pourrait ainsi améliorer l’efficacité des interventions et offrir un meilleur soutien aux enfants confrontés à ces difficultés.

Source: Université de Californie – San Francisco

Référence de l’article: Choi, HL, et al. (2025). Un substrat neuronal pour la surréactivité sensorielle définie par les systèmes cérébraux exogènes et endogènes. Journal des troubles neurodéveloppementaux, 2:10.1186/s11689-025-09656-y. https://jneurodevdisorders.biomedcentral.com/articles/10.1186/s11689-025-09656-y

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