Publié le 2025-12-11 02:58:00. Une propriété de luxe située dans le quartier huppé de Bridle Path à Toronto est mise en vente sous « pouvoir de vente », signe d’une pression financière croissante sur certains propriétaires immobiliers dans la région du Grand Toronto. Cette situation, de plus en plus fréquente, reflète les difficultés rencontrées par les emprunteurs face à la hausse des taux d’intérêt.
- Le 45 Park Lane Circle, une maison rénovée de style californien, est proposé à 22,8 millions de dollars canadiens.
- Les ventes sous « pouvoir de vente » se multiplient, touchant divers segments du marché immobilier, des micro-condos aux manoirs de luxe.
- La hausse des taux d’intérêt par la Banque du Canada depuis mars 2022 est un facteur clé de ces difficultés financières.
La mise en vente du 45 Park Lane Circle, un bungalow blanc des années 1980 entièrement rénové en 2024, a attiré l’attention des acheteurs potentiels. Initialement affiché à 25 millions de dollars canadiens en août dernier, puis à 29 millions de dollars canadiens plus tôt cette année, le bien est désormais proposé à 22,8 millions de dollars canadiens par le prêteur, via un processus de « pouvoir de vente ». Jane Zhang, vice-présidente principale chez Sotheby’s International Realty Canada, explique que cette méthode est nécessaire pour attirer les acheteurs.
« Le prix est également négociable », précise-t-elle. Les ventes sous « pouvoir de vente » représentent une part minoritaire du marché torontois, mais leur nombre a augmenté en 2025, touchant des propriétés de toutes tailles et de tous prix, de l’agglomération de Toronto à Hamilton.
Cette situation est directement liée aux hausses successives du taux directeur par la Banque du Canada, qui ont débuté en mars 2022. Ces augmentations ont mis sous pression les propriétaires fortement endettés. Alors que la valeur des biens immobiliers était en hausse ces dernières années, les emprunteurs pouvaient encore vendre pour rembourser leurs dettes. Or, le marché a changé : le prix moyen des maisons dans la région du Grand Toronto a baissé d’environ 22 %, et dans certaines zones, la baisse atteint près de 30 %. Certains propriétaires se retrouvent même à vendre à un prix inférieur à celui de leur acquisition en 2016.
Selon Jane Zhang, certains propriétaires sont en difficulté après avoir surendetté leur bien pendant une décennie ou plus, tandis que les investisseurs peinent à faire face à la baisse des loyers.
« C’est très malheureux. Ils sont désormais confrontés à des flux de trésorerie négatifs et à des coûts d’emprunt plus élevés. »
Jane Zhang, vice-présidente principale chez Sotheby’s International Realty Canada
Le processus de « pouvoir de vente » diffère d’une « forclusion » : le prêteur ne prend pas possession du bien. Andre Kutyan, courtier chez Harvey Kalles Real Estate, met en garde contre les risques liés à l’achat d’un bien vendu sous cette forme, notamment la clause « tel quel, où il est ».
« La banque ne garantira rien »,
Andre Kutyan, courtier chez Harvey Kalles Real Estate
il raconte même le cas d’un four encastré volé dans une cuisine avant la finalisation d’une vente.
Il recommande une clôture rapide pour éviter les mauvaises surprises. Bien qu’il ne constate pas une augmentation générale des ventes sous « pouvoir de vente », il observe des difficultés croissantes chez les promoteurs immobiliers, avec des maisons mises en vente avant même d’être achevées.
Le 45 Park Lane Circle, avec ses 7 000 pieds carrés (environ 650 mètres carrés) d’espace habitable, est relativement compact pour le quartier de Bridle Path. La propriété s’étend sur un terrain de 2,1 acres (environ 8 500 mètres carrés) et dispose de 7 200 pieds carrés (environ 669 mètres carrés) supplémentaires au sous-sol, avec accès à la piscine et aux jardins. La maison a été conçue dans un esprit biophilique, visant à favoriser la relaxation et la connexion avec la nature.
Jane Zhang souligne que les acheteurs potentiels doivent être conscients des risques liés à ce type d’acquisition. Le propriétaire peut, par exemple, refinancer ou rembourser sa dette avant la clôture, annulant ainsi la vente. De plus, les règles relatives aux locataires s’appliquent, et le prêteur n’est pas responsable des problèmes liés à la location. Il peut également y avoir plusieurs hypothèques, des taxes impayées et des privilèges accordés à des entrepreneurs non rémunérés.
La loi ontarienne établit l’ordre de priorité des créanciers, les taxes étant prioritaires. Le prêteur initiant le processus de « pouvoir de vente » peut donc se retrouver en deuxième ou troisième position. Jane Zhang conseille aux acheteurs de faire preuve de diligence raisonnable et de vérifier régulièrement auprès de leur avocat si de nouvelles réclamations ont été enregistrées contre le titre de propriété. Elle précise également que les prêteurs sont tenus de rechercher la juste valeur marchande du bien et ne peuvent pas le vendre à un prix dérisoire.
Les agents immobiliers s’assurent également que les acheteurs potentiels sont financièrement qualifiés avant de leur accorder un rendez-vous de visite.
« Nous demandons vraiment à l’acheteur : assurez-vous que votre financement est en règle. »
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