Publié le 14 janvier 2026 à 08h00. La construction d’un stade-dôme dédié à la K-pop suscite un débat en Corée du Sud, alors que plusieurs régions se positionnent pour accueillir cette infrastructure, soulevant des questions sur son emplacement idéal et son impact réel sur l’industrie musicale.
- Le ministère de la Culture, des Sports et du Tourisme a fait de la construction d’un stade-dôme de 50 000 places un objectif à long terme.
- Plusieurs collectivités locales, notamment dans la région de Chungcheong, se disputent l’emplacement de ce futur stade.
- Des inquiétudes subsistent quant à la pertinence de construire de tels équipements en dehors des zones métropolitaines, où se concentre le public de la K-pop.
La demande croissante de lieux de spectacle adaptés à la K-pop en Corée du Sud met en lumière un manque criant d’infrastructures adéquates. Actuellement, la capitale, Séoul, ne dispose que du Case Po Dome (ancien stade de gymnastique) avec une capacité de 15 000 places. Le Stade olympique principal du complexe sportif de Jamsil, pouvant accueillir jusqu’à 100 000 personnes, est en rénovation (débutée en août 2023) et ne sera pas disponible comme salle de spectacle avant la construction du nouveau stade Jamsil Dome, prévue pour 2031.
Le Stade de la Coupe du monde de Séoul (66 000 places) est limité par des restrictions d’utilisation du gazon, tandis que le Gocheok Sky Dome (25 000 places), seul stade à dôme de Séoul, est indisponible pendant la saison de baseball professionnelle. Cette pénurie de lieux adaptés a conduit les organisateurs de concerts à se tourner vers des villes périphériques comme Goyang (43 000 places), Incheon (stade principal Asiad : 61 000 places, stade Munhak : 49 000 places, Inspire Arena : 15 000 places).
La région de Chungcheong est actuellement la plus active dans la course à l’attribution du stade-dôme, avec des propositions venant des provinces du Chungcheong du Nord (Osong, Cheongju) et du Chungcheong du Sud (Cheonan Asan), ainsi que de la ville de Cheongju. La province du Chungcheong du Nord a même proposé l’aide d’un ancien joueur de baseball pour appuyer son dossier.
Ko Ki-ho, vice-président de l’Association coréenne de l’industrie de la musique populaire, reconnaît le besoin d’un tel stade, mais exprime des réserves :
« Il y a peu de gens dans l’industrie qui s’opposent à la construction d’un stade en forme de dôme. Le problème est lorsqu’un stade en forme de dôme est construit dans une zone où la salle de concert et le public ne peuvent pas consommer. »
Ko Ki-ho, vice-président de l’Association coréenne de l’industrie de la musique populaire
Il souligne l’importance de disposer d’infrastructures de transport et d’hébergement adéquates, rappelant que Goyang et Incheon sont privilégiées pour leur accessibilité.
Dong-Hwan Yoon, responsable de Korean Music Solidarity, adopte une position plus favorable :
« Il n’y a pas d’option appropriée dans la zone métropolitaine. Nous avons examiné les zones de Séoul et de Gyeonggi, mais il n’y avait pas de site approprié. La région de Chungcheong est la meilleure option. Ce n’est pas une situation où nous pouvons peser le pour et le contre. »
Dong-Hwan Yoon, responsable de Korean Music Solidarity
Il met en garde contre le risque de voir des artistes internationaux contourner la Corée du Sud en raison du manque de lieux de spectacle appropriés, un phénomène qu’il qualifie de « passage de la Corée ». Il estime que la demande de concerts ne diminuera pas dans les dix prochaines années.
Le gouvernement a annoncé un investissement d’environ 800 millions de wons (valeur non précisée) l’année prochaine pour des études de faisabilité concernant le site et le financement du stade-dôme. Ko Ki-ho espère que ces études permettront d’évaluer précisément les besoins en matière de salles de spectacle de différentes tailles et de déterminer les emplacements les plus adaptés.
