Publié le 22 novembre 2025 à 19h20. Une récente panne de Cloudflare a mis en évidence la vulnérabilité de notre dépendance à l’infrastructure internet, soulevant des questions sur la préparation des particuliers et des États face à des interruptions potentielles, qu’elles soient dues à des cyberattaques ou à des défaillances techniques.
- Plus de la moitié des Américains ne sont pas préparés à une catastrophe, selon une étude de l’Agence fédérale de gestion des urgences (FEMA).
- Des experts insistent sur la nécessité de disposer de plans de secours pour l’accès à internet et à l’électricité, ainsi que de réserves de nourriture, d’eau et de fournitures essentielles.
- Des solutions comme les points d’accès cellulaires, les fournisseurs d’accès internet par satellite (FAI par satellite) et les générateurs portables peuvent aider à atténuer les conséquences d’une panne prolongée.
La panne de Cloudflare, survenue en début de semaine, a perturbé le fonctionnement de services essentiels tels que ChatGPT, le réseau social X (anciennement Twitter), et les systèmes de transport en commun. Cet incident rappelle que même une interruption de courte durée peut avoir des conséquences importantes sur la vie quotidienne et l’économie. Mais que se passerait-il si une panne internet était plus longue, voire indéfinie ? Et si une région entière se retrouvait coupée du monde numérique et, potentiellement, de l’électricité ?
Selon Robert Siciliano, analyste en sécurité et auteur de « Confidentialité contre le vol d’identité : protection de la sécurité et prévention de la fraude », la question n’est pas de savoir si une telle situation se produira, mais quand. « Le réseau électrique, tel que nous le connaissons, a environ 120 ans. Et cette infrastructure est tellement dispersée que des baisses de tension locales ou régionales, voire des pannes totales, se produisent trop souvent », explique-t-il.
Une étude récente de la FEMA confirme ce sentiment d’urgence. Selon le rapport 2024 sur la préparation aux catastrophes, 57 % des Américains ne sont pas préparés à faire face à une catastrophe et n’ont pas l’intention de le faire.
« Avoir de la nourriture, de l’eau, des piles et de l’électricité de secours devrait être une considération pour tout le monde », insiste Siciliano. « Le terme “préparateur” a eu une mauvaise réputation, mais à ce stade, tout le monde devrait se préparer. »
Sean Gold, préparateur et propriétaire du site web TruePrepper, abonde dans le même sens. Il souligne l’importance de disposer de méthodes d’accès internet de secours et/ou de la capacité de générer de l’énergie par soi-même.
« Je ne pense pas que ce soit une question de « si », c’est simplement une question de « quand ».
Robert Siciliano, analyste en sécurité
Gold recommande notamment d’envisager l’utilisation de points d’accès cellulaires pour les pannes de courte durée, mais souligne que cette solution peut être limitée en cas de panne généralisée, les tours de téléphonie cellulaire étant rapidement saturées. Il met également en avant l’intérêt croissant pour les FAI par satellite, comme Starlink, même dans les zones moins rurales.
Pour ceux qui ne sont pas familiers avec ces technologies, voici quelques éclaircissements :
- Point d’accès : Permet de connecter un smartphone à un ordinateur portable, une tablette ou une télévision intelligente, offrant un accès internet temporaire si le Wi-Fi est indisponible.
- Starlink : Un fournisseur d’accès internet par satellite appartenant à Elon Musk. Il offre une alternative aux réseaux terrestres en cas de panne, mais peut être coûteux (entre 80 $ à 120 $ pour les ménages résidentiels) et nécessite l’achat d’un équipement d’environ 349 $.
- FAI par satellite : Un terme générique désignant les fournisseurs d’accès internet par satellite. Outre Starlink, des options comme Hughesnet (à partir de 49,99 $ par mois avec un contrat de deux ans) et Viasat (à partir de 69,99 $ par mois) sont disponibles.
Au-delà de l’accès à internet, il est crucial de prévoir des solutions pour l’alimentation électrique. Les banques d’alimentation peuvent fournir une autonomie limitée pour les appareils électroniques, tandis que les centrales électriques portatives et les générateurs peuvent alimenter des appareils plus gourmands en énergie. Une lampe de poche et une radio fonctionnant sur piles peuvent également s’avérer utiles.
Chris Reynolds, doyen de la sensibilisation académique et du développement de programmes à l’ American Public University System, met en garde contre les conséquences d’une panne prolongée sur l’accès aux fonds. « Presque tout le monde accède à son compte bancaire via Internet pour payer ses factures, effectuer des dépôts et retirer des fonds », souligne-t-il. Il recommande de conserver une petite somme d’argent liquide dans un endroit sûr et étanche, ou d’acquérir une carte de débit prépayée pour les situations d’urgence.
Enfin, il est essentiel d’établir un plan d’urgence familial. Jeremy Gocke, PDG de Entropy Survival, suggère de définir un lieu de rencontre, un plan de communication et une liste de contacts en cas de séparation. Il recommande également de plastifier ce plan et de le partager avec tous les membres de la famille. Envisager l’achat de messagers par satellite, comme le Garmin inReach Messenger (299,99 $), peut également être une option pour maintenir le contact en cas de panne des réseaux cellulaires.
« Commencez par accepter que cela pourrait arriver », conclut Gocke. « Une fois que vous acceptez cela, votre cerveau et votre préparation deviennent votre technologie la plus précieuse. »
