Le Premier ministre hongrois Viktor Orbán a réaffirmé sa position singulière au sein de l’Union européenne en se rendant au Kremlin ce vendredi pour une rencontre avec Vladimir Poutine, alors que les efforts visant à isoler Moscou suite à l’invasion de l’Ukraine se poursuivent.
Ce déplacement à Moscou, le deuxième en moins d’un an pour M. Orbán, souligne les liens étroits qui unissent le dirigeant hongrois au président russe. La Hongrie demeure l’un des rares États membres de l’UE à maintenir des importations importantes de combustibles fossiles russes, et s’oppose fermement à toute tentative de se soustraire à sa dépendance énergétique vis-à-vis de Moscou.
« Nous avons des domaines de coopération importants et nous n’avons abandonné aucun de ces domaines, malgré les pressions extérieures », a déclaré M. Orbán. « L’énergie russe constitue la base de l’approvisionnement énergétique de la Hongrie, aujourd’hui et demain. »
Le Premier ministre hongrois plaide régulièrement pour une cessation des hostilités en Ukraine, sans toutefois préciser les implications d’un tel scénario pour l’intégrité territoriale ou la sécurité future du pays. Cette position suscite l’inquiétude de ses alliés au sein de l’UE et de l’OTAN, qui accusent la Russie de violer le droit international et de menacer la sécurité de l’Europe de l’Est.
Lors de l’ouverture des discussions au Kremlin, Vladimir Poutine a salué la « position équilibrée » d’Orbán concernant le conflit ukrainien. Les pourparlers se sont achevés environ quatre heures plus tard, selon un communiqué du Kremlin.
Ce voyage intervient après une récente rencontre à Washington entre M. Orbán et l’ancien président américain Donald Trump, au cours de laquelle il a obtenu une dérogation aux sanctions imposées par l’administration Trump à l’encontre des entreprises énergétiques russes Lukoil et Rosneft. M. Orbán a affirmé que cette dérogation garantirait la sécurité énergétique de la Hongrie. « Après l’exemption des sanctions américaines, nous n’avons plus besoin que de pétrole et de gaz, que nous pouvons acheter aux Russes. Je suis ici pour assurer l’approvisionnement énergétique de la Hongrie à un prix abordable cet hiver et l’année prochaine », a-t-il déclaré.
M. Orbán soutient que les importations d’énergie russe sont essentielles à l’économie hongroise et qu’une transition vers d’autres sources entraînerait un effondrement économique immédiat – une affirmation contestée par ses détracteurs. Alors que la plupart des pays européens ont réduit leurs achats d’énergie russe, la Hongrie a maintenu, voire augmenté, ses importations et s’oppose à l’objectif de l’UE de se débarrasser complètement des combustibles fossiles russes d’ici la fin de 2027.
Par ailleurs, l’administration Trump a annoncé qu’elle enverrait son émissaire, Steve Witkoff, à Moscou pour négocier un plan de paix, et le secrétaire de l’Armée Dan Driscoll en Ukraine. L’ancien président Trump a déclaré que son plan, actuellement en cours de « finalisation », inciterait le président ukrainien Volodymyr Zelensky à entamer des discussions rapides avec les négociateurs américains. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a indiqué que Vladimir Poutine recevrait M. Witkoff pour des entretiens « au cours de la première moitié » de la semaine prochaine.
En parallèle, le ministère russe de la Défense a rapporté avoir intercepté 136 drones ukrainiens au-dessus de plusieurs régions russes et de la Crimée annexée. Des dégâts ont été signalés dans les régions de Rostov et de Voronej, près de la frontière ukrainienne. L’état-major ukrainien a quant à lui affirmé avoir frappé une raffinerie de pétrole à Saratov, en Russie, provoquant un incendie.
Des frappes aériennes ukrainiennes ont également visé des unités de défense aérienne russes, ainsi que des dépôts de drones et de carburant dans les territoires occupés. L’armée de l’air ukrainienne a détecté le lancement de plusieurs missiles russes dans la région de Khmelnytskyi, dont au moins un missile balistique Kinzhal.
La Russie a également lancé des attaques contre Kiev et Dnipro, juste avant le début d’un nouveau cycle de négociations de paix. Des bâtiments résidentiels ont été endommagés dans plusieurs districts de Kiev, faisant quatre blessés. Des explosions ont également été signalées à Dnipro.
