Le parlement hongrois a adopté lundi un amendement constitutionnel visant notamment à mettre fin au mandat du président Tamás Sulyok, qualifié de « marionnette » de Viktor Orban par le Premier ministre Peter Magyar. Le texte a été adopté par 139 voix pour et 6 contre.
Le parlement hongrois a approuvé un amendement constitutionnel lundi, visant à mettre fin au mandat du président Tamás Sulyok, qualifié de « marionnette » de Viktor Orban par le Premier ministre Peter Magyar. Orban, qui dénonce une « tentative d’instaurer un régime autocratique ». L’amendement en 12 points marque, selon M. Magyar, l’achèvement de « la réforme constitutionnelle du régime Orban ».
Une destitution anticipée si Sulyok ne signe pas
Le Premier ministre Peter Magyar a averti le chef de l’État que, s’il ne signe pas la modification dans le délai de cinq jours, une procédure de destitution pourra être engagée contre lui. La conduite de cette procédure relèvera de la Cour constitutionnelle. Une fois la procédure de destitution engagée, le président de la République ne pourra plus exercer ses prérogatives, qui seront temporairement transférées au président du Parlement.
« Nous avons achevé la réforme constitutionnelle du régime Orban », a déclaré Magyar après le vote, soulignant son engagement à démanteler « brique par brique » le système mis en place par son prédécesseur. Le chef de l’État, élu en 2024, a été critiqué pour sa loyauté envers le Fidesz.
Réactions de l’opposition et inquiétudes juridiques
Le Fidesz a organisé des manifestations contre la modification de la Constitution. Des centaines de Hongrois ont manifesté jeudi 9 juillet au soir devant le palais présidentiel, sur la colline du château, à Budapest, contre un paquet d’amendements à la Constitution. Le parti accuse le gouvernement d’écarter l’opposition.
Amnesty International Hongrie a également critiqué la procédure, estimant que la solution retenue est mauvaise car elle « fait abstraction du droit de Tamás Sulyok à une procédure équitable et ne permet sa destitution que dans le cadre de garanties légales appropriées ».
L’opposition dénonce un « régime autocratique »
Le Fidesz dénonce une « tentative d’instaurer un régime autocratique ». Janos Boka, député du Fidesz et ancien ministre des Affaires européennes, a déclaré : « Si un parti peut empêcher son opposition de se présenter aux prochaines élections, franchement, dans quelle démocratie vit-on ? »

Viktor Orban a été absent du vote, mais les députés de son parti ont boycotté le projet. Le Premier ministre Magyar a exprimé son objectif d’élire un nouveau président de la République le plus rapidement possible, idéalement d’ici à l’anniversaire de la fondation de l’État, le 20 août.
L’avenir incertain du président Sulyok
Tamás Sulyok, élu en 2024, a exprimé à plusieurs reprises ses préoccupations constitutionnelles face aux initiatives visant à le démettre et a sollicité l’appui de la Cour constitutionnelle ainsi que de la Commission de Venise. Le président a aussi été critiqué par M. Magyar concernant le coût des déplacements présidentiels.
Le projet de loi suscite des débats sur l’équilibre entre la stabilité politique et la protection des institutions.
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