Liège : Cinq à sept ans de prison requis pour un laboratoire de cocaïne à Faimes
Le parquet a requis des peines de prison allant de quatre à neuf ans à l’encontre des membres d’un réseau criminel qui exploitait un laboratoire de conditionnement de cocaïne à Faimes. L’opération, menée par la PJF de Liège, a abouti à l’arrestation d’une dizaine de personnes et à la découverte d’une installation sophistiquée située dans une maison isolée rue du Moulin.
Un laboratoire installé dans des box à chevaux
Selon les informations rapportées, le laboratoire était aménagé dans d’anciens box à chevaux situés au fond du jardin de la propriété. Le site servait à l’extraction et à la recristallisation de la cocaïne. Le processus comprenait le pesage de la drogue, son compactage en briques d’un kilo à l’aide d’une presse, ainsi que son séchage et son conditionnement sous-vide avant sa mise sur le marché.
Outre la drogue, les forces de l’ordre ont saisi d’importantes quantités de produits chimiques. L’arsenal découvert sur place comprenait deux armes de poing dont les numéros de série avaient été limés, ainsi qu’une grenade offensive prête à l’emploi.
Détails des peines et confiscations requises
Le parquet a sollicité des peines différenciées selon le rôle des prévenus dans l’organisation :
- Neuf ans de prison : requis contre les trois principaux prévenus, dont deux Liégeois et un habitant de Deurne. Parmi eux figure Rabiée, déjà condamné précédemment à 40 mois de prison pour avoir mis en place des plantations de cannabis dans la région.
- Six ans de prison : requis contre Kevin, le propriétaire de la maison où les faits ont été commis.
- Cinq ans de prison : requis contre les cuisiniers colombiens chargés des opérations d’extraction de la cocaïne.
- Quatre ans de prison : requis contre les deux individus faisant office de “surveillants”.
En complément des peines d’emprisonnement, la magistrate a demandé la confiscation de la maison ainsi que de plus de 100 000 euros. Une montre Rolex a également été visée par une demande de confiscation après s’être révélée être une contrefaçon.
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Témoignages de travailleurs sous contrainte
Plusieurs prévenus, dont des ressortissants colombiens, ont nié avoir été informés de la nature réelle de leur emploi lors de leur recrutement. Un prévenu arrivé de Bogota a déclaré avoir accepté l’offre de 8 000 à 10 000 euros pour 13 jours de travail afin de soutenir ses parents malades, mentionnant avoir perdu trois frères à cause de la violence en Colombie.

Ce dernier a décrit des conditions de vie et de travail extrêmement dures : travail 22 heures sur 24, sommeil sur des matelas gonflables à même le sol, et un accès limité à une seule douche et une seule toilette. Il a précisé que ses documents d’identité lui avaient été retirés dès son arrivée à l’aéroport.
Un autre suspect, d’origine colombienne et naturalisé espagnol, a affirmé avoir été recruté par une connaissance pour un poste dans l’horeca ou sur un chantier européen. Selon ses dires, après son arrivée à Amsterdam, son téléphone et ses documents d’identité lui ont été confisqués avant d’être emmené à Faimes, où il aurait été contraint de travailler sous la menace, lui et sa famille.
Procédure judiciaire
Face à ces accusations, les avocats de la défense ont plaidé l’acquittement concernant l’organisation criminelle et ont demandé une réduction des confiscations financières et matérielles. Le jugement est attendu pour le 13 juillet.
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