Publié le 15 octobre 2025 06:41:00. Le gouvernement espagnol a dévoilé un projet de modification constitutionnelle visant à garantir le droit à l’avortement, une initiative qui s’inscrit dans un contexte de tensions politiques croissantes sur cette question sensible.
- Le texte prévoit l’ajout d’un nouvel article à la Constitution reconnaissant explicitement le droit des femmes à l’interruption volontaire de grossesse.
- L’État s’engagerait à garantir l’accès à l’avortement dans des conditions d’égalité effective pour toutes les femmes.
- L’adoption de cette réforme constitutionnelle nécessitera une majorité qualifiée des trois cinquièmes au Congrès, ce qui rend son issue incertaine en raison de l’opposition du Parti Populaire (PP).
Après des jours de négociations intenses, le Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE) et Sumar sont parvenus à un accord sur le contenu de cette proposition de modification constitutionnelle. Le texte comprend un nouvel article 43.4 qui stipule que « le droit des femmes à l’interruption volontaire de grossesse » est reconnu. Il précise également que « l’exercice de ce droit, en tout état de cause, sera garanti par les pouvoirs publics, garantissant sa fourniture dans des conditions d’égalité effective. »
Cette initiative intervient dans un contexte de vives tensions idéologiques autour du droit à l’avortement en Espagne. Ces dernières semaines, la droite politique, notamment la présidente de la Communauté de Madrid, Isabel Díaz Ayuso, a ouvertement remis en question ce droit fondamental. Ayuso a refusé de mettre en place un registre des médecins objecteurs de conscience, comme l’exige la loi en vigueur.
Le gouvernement central a rappelé mardi à la région de Madrid qu’elle dispose d’un mois pour se conformer à la législation nationale, sous peine de poursuites judiciaires. Cette fermeté témoigne de la détermination du gouvernement à défendre le droit à l’avortement face aux tentatives de restriction.
L’adoption de cette réforme constitutionnelle représente un défi majeur pour le gouvernement. Elle nécessite l’approbation d’une majorité qualifiée des trois cinquièmes au Congrès des députés, ce qui implique d’obtenir le soutien du PP, qui a d’ores et déjà annoncé son opposition. Sans le soutien du PP, l’initiative risque de se heurter à un blocage parlementaire.
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