Publié le 3 décembre 2025 20:57:00. Une enquête a été ouverte au sein de l’hôpital public de Torrejón, en Espagne, après la révélation d’enregistrements audio compromettants impliquant son directeur général, accusé d’avoir ordonné de manipuler les listes d’attente pour maximiser les profits. L’entreprise Ribera Salud a annoncé la mise à l’écart temporaire de son président pour permettre un audit interne.
- Le PDG de Ribera Salud, Pablo Gallart, a demandé à Emmanuel de Geuser, président de l’entreprise, de se retirer temporairement de la gestion de l’hôpital de Torrejón.
- Cette décision fait suite à la publication d’enregistrements audio par le journal El País, dans lesquels M. Gallart semble donner des instructions pour allonger les délais d’attente et privilégier les activités les plus rentables.
- Le gouvernement espagnol et les autorités régionales de Madrid ont réagi vivement à ces révélations, promettant des mesures et des enquêtes.
L’affaire a éclaté après que El País a diffusé des enregistrements d’une réunion du 25 septembre, où M. Gallart aurait donné ces directives à une vingtaine de responsables. Les enregistrements suggèrent une volonté délibérée de privilégier les considérations financières au détriment de la qualité des soins et de l’accès aux traitements pour les patients.
La réaction politique n’a pas tardé. Le président du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, a dénoncé sur X (anciennement Twitter) ce qu’il considère comme un modèle où « la santé est transformée en une entreprise et la maladie en une opportunité d’enrichissement ». Il a publié un message affirmant :
« C’est le modèle PP : faire de la santé un business et de la maladie une opportunité de s’enrichir. Le PDG d’une entreprise qui décide de la vie des gens : voilà en quoi consiste la privatisation de la santé. Plus de listes d’attente, plus de rentabilité, plus d’injustices. Nous n’allons pas le permettre. Le gouvernement défendra la santé publique avec tous les instruments de l’État. »
La ministre de la Santé, Mónica García (Sumar), a également accusé la présidente de la Communauté de Madrid, Isabel Díaz Ayuso, de placer « l’argent avant la vie » et a annoncé que son parti, Más Madrid, préparait des « actions en justice » contre le gouvernement régional. Óscar López, porte-parole du PSOE régional et ministre de la Transformation numérique, a quant à lui indiqué que son parti envisageait également des recours juridiques et demanderait l’audition de la ministre de la Santé, Fátima Matute, devant l’Assemblée régionale.
Dans un communiqué, le groupe Ribera Salud a affirmé que « la priorité absolue du groupe et de son principal actionnaire Vivalto Santé sont et continueront d’être ses patients ». L’entreprise a précisé que « par conséquent, le service et les soins aux patients continueront à avoir la même qualité et rigueur qu’à l’accoutumée ». Ribera Salud a également réaffirmé son « engagement envers le système de santé publique » et souligné que « cela a toujours été la priorité de l’hôpital de Torrejón et de Ribera au cours de ses 26 années d’histoire ».
L’hôpital de Torrejón est un établissement public géré par une concession privée. L’enquête en cours vise à déterminer si les instructions données par M. Gallart ont effectivement été mises en œuvre et si elles ont eu un impact négatif sur les soins aux patients.
