Publié le 14 janvier 2026 17h58. WhatsApp met fin à l’intégration de chatbots tiers comme ChatGPT et Copilot, une décision qui marque un recentrage de la plateforme sur son propre assistant IA et suscite des inquiétudes quant à la concurrence et l’accès aux services d’intelligence artificielle.
- À partir du 15 janvier 2026, WhatsApp supprimera tous les chatbots d’IA tiers, dont ChatGPT d’OpenAI et Copilot de Microsoft.
- Cette décision s’inscrit dans une stratégie de Meta visant à limiter l’utilisation de grands modèles de langage (LLM) externes et à promouvoir son propre assistant, Meta AI.
- Des entreprises et des utilisateurs ont engagé des actions en justice, estimant que Meta restreint la concurrence et l’accès à des infrastructures essentielles.
WhatsApp va radicalement modifier son offre en matière d’intelligence artificielle. La plateforme de messagerie, propriété de Meta, a annoncé qu’elle bloquera, dès le 15 janvier 2026, l’accès aux chatbots tiers alimentés par des modèles d’IA conversationnelle, tels que ChatGPT et Copilot. Cette décision met fin à une période d’intégration croissante de ces outils au sein de l’application, qui avait permis à des millions d’utilisateurs de bénéficier de fonctionnalités telles que la génération d’images, la transcription audio et l’automatisation de tâches directement depuis leurs conversations.
L’ascension des assistants d’intelligence artificielle sur WhatsApp avait été notable au cours de l’année écoulée. Copilot, intégré en octobre 2024, et ChatGPT, avec des millions d’utilisateurs actifs, offraient des services appréciés pour simplifier le quotidien. La nouvelle politique de Meta interdit désormais aux fournisseurs tiers d’IA et d’apprentissage automatique d’accéder à l’API WhatsApp Business, limitant ainsi leur capacité à proposer des assistants conversationnels.
Selon Meta, l’objectif principal de cette restriction est de recentrer l’utilisation de l’API WhatsApp Business sur le support client et la diffusion d’informations pertinentes, et non sur la distribution massive de chatbots susceptibles de concurrencer sa propre solution native. L’entreprise souhaite ainsi contrôler davantage l’expérience utilisateur et s’assurer que l’IA intégrée à WhatsApp répond à ses propres standards de qualité et de sécurité.
OpenAI et Microsoft ont informé leurs utilisateurs qu’ils pouvaient exporter l’historique de leurs conversations avant la date limite, afin de continuer à utiliser leurs services sur leurs applications respectives. Plus de 50 millions de personnes avaient déjà utilisé ChatGPT sur WhatsApp, tandis que Copilot avait rapidement gagné en popularité comme alternative pour interagir avec l’IA de manière conversationnelle.
La suppression de ces services affectera principalement les utilisateurs qui s’appuyaient sur ces outils pour automatiser des tâches, générer du contenu ou obtenir des réponses à leurs questions sans quitter WhatsApp. Meta AI, l’assistant de l’entreprise, restera disponible sur WhatsApp et les autres plateformes de l’écosystème Meta.
Cette décision a suscité des réactions négatives de la part de certains utilisateurs et développeurs, qui dénoncent une limitation de la concurrence et de l’innovation. Des entreprises ont même engagé des actions en justice au Brésil et en Europe, estimant que Meta abuse de sa position dominante pour restreindre l’accès à des infrastructures essentielles à la distribution de services d’intelligence artificielle. L’Union européenne a d’ores et déjà lancé une enquête pour déterminer si cette mesure constitue une violation des règles de concurrence.
Microsoft et OpenAI recommandent à leurs utilisateurs de migrer vers leurs applications mobiles et web officielles. La suppression des chatbots tiers oblige désormais les utilisateurs à explorer d’autres alternatives en dehors de WhatsApp, tandis que le débat sur l’ouverture et l’interopérabilité des plateformes numériques reste ouvert, dans un contexte où l’intelligence artificielle redéfinit l’expérience numérique quotidienne.



