Publié le 26 décembre 2023 à 07h49. Un militant pro-guerre et opposant déclaré à Vladimir Poutine a été condamné à six ans de prison en Russie pour avoir justifié le terrorisme, une décision dénoncée par l’accusé comme étant politiquement motivée.
- Sergueï Oudaltsov, figure de l’opposition russe, a été reconnu coupable de soutien à un groupe accusé de terrorisme.
- Le verdict intervient dans un contexte de répression croissante de la dissidence en Russie, particulièrement depuis l’invasion de l’Ukraine.
- Oudaltsov a annoncé son intention d’entamer une grève de la faim pour protester contre cette condamnation.
Sergueï Oudaltsov, leader du mouvement Front de gauche et affilié au Parti communiste, a été arrêté l’année dernière. Le tribunal russe l’a reconnu coupable d’avoir publié en ligne un article soutenant un autre groupe de militants russes accusés de terrorisme, qui ont récemment écopé de peines allant de 16 à 22 ans de prison. Oudaltsov a fermement nié les accusations, les qualifiant de « fabrication ».
« Honteux ! »
Sergueï Oudaltsov
Selon le site d’information indépendant russe Mediazona, Oudaltsov purgera sa peine dans une colonie pénitentiaire à sécurité maximale. Il avait déjà été emprisonné de 2014 à 2017 pour son rôle dans l’organisation d’une manifestation contre Poutine en 2012, qui avait dégénéré en affrontements. Il avait alors été condamné à quatre ans et demi de prison.
Oudaltsov était une figure importante de l’opposition lors des vastes manifestations qui ont secoué la Russie en 2011 et 2012, suite à des allégations de fraude lors des élections parlementaires. Il avait même participé à une réunion avec le président de l’époque, Dmitri Medvedev, en février 2012, dans le cadre d’une tentative de dialogue avec l’opposition.
La condamnation d’Oudaltsov s’inscrit dans un contexte de répression accrue des voix dissidentes en Russie, particulièrement depuis le lancement de l’offensive en Ukraine. Les autorités russes ciblent activement les organisations de défense des droits de l’homme, les médias indépendants, les membres de la société civile, les militants LGBTQ+ et certains groupes religieux. Des centaines de personnes ont été incarcérées et des milliers ont fui le pays pour échapper à la répression.
En décembre 2023, Oudaltsov avait déjà été condamné à 40 heures de travail d’intérêt général pour avoir enfreint les règles relatives à l’organisation de rassemblements. Il avait été arrêté sur la Place Rouge alors qu’il tentait de déployer un drapeau à l’effigie de Joseph Staline, selon l’agence de presse officielle russe Tass.
