Publié le 15 novembre 2025. La dette publique du Bangladesh a connu une augmentation significative au cours de l’exercice 2024-2025, tirée par une forte hausse des emprunts extérieurs, suscitant des inquiétudes quant à la viabilité à long terme des finances publiques.
- La dette publique totale a atteint 18 232,82 milliards de taka (environ 167,8 milliards d’euros) à la fin de l’exercice 2024-2025, soit une augmentation de 13,29 %.
- Les emprunts étrangers ont plus que doublé, affichant une croissance d’environ 20 % pour atteindre 8 120,77 milliards de taka (environ 75,4 milliards d’euros).
- Un rapport conjoint de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI) signale un risque modéré de surendettement pour le Bangladesh.
La dette extérieure du Bangladesh a connu une progression notable, atteignant 8 120,77 milliards de taka au 30 juin 2025, contre 6 729,78 milliards de taka à la même date l’année précédente. Cette augmentation, d’environ 20 %, intervient dans un contexte politique particulier, après le changement de gouvernement et les tensions sociales qui ont suivi. Parallèlement, la dette intérieure a progressé de 8,3 %, s’élevant à 10 202,05 milliards de taka (environ 94,4 milliards d’euros) au 30 juin 2025, selon le dernier bulletin de la dette publié par la Division des finances le 13 novembre.
Bien que le niveau d’endettement actuel soit jugé globalement gérable compte tenu de la taille de l’économie bangladaise, le bulletin met en évidence des signaux d’alerte. L’augmentation des coûts de service de la dette et la dépendance croissante au financement extérieur, souvent plus coûteux, sont particulièrement préoccupantes. Les paiements d’intérêts sur les prêts étrangers ont augmenté de 21 % au cours de l’exercice 2025, tandis que ceux sur la dette intérieure ont progressé de 16 %.
En août 2025, un rapport conjoint de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international sur la viabilité de la dette du Bangladesh a révélé un passage d’un risque faible à un risque modéré de surendettement, tant extérieur que global. Cette réévaluation est principalement due à une révision à la baisse des données d’exportation pour les exercices 2023 et 2024, qui a un impact sur les projections futures.
La Division des finances souligne l’importance d’une gestion rigoureuse des charges d’intérêts pour garantir la stabilité macroéconomique, préserver les réserves de change et favoriser une croissance économique durable. Cela implique une évaluation minutieuse et une sélection rigoureuse des nouveaux projets de développement, une amélioration de l’efficacité de leur mise en œuvre, une mobilisation accrue des ressources intérieures et des efforts renforcés pour diversifier les recettes d’exportation, afin d’assurer la viabilité de la dette à long terme.
