Publié le 31 octobre 2024 08:11:00. La Chine renforce sa domination sur le marché mondial des métaux et minéraux essentiels aux industries de haute technologie et traditionnelles, exerçant ainsi une influence économique et politique croissante. Cette stratégie, basée sur des investissements massifs en Afrique et un contrôle accru des chaînes d’approvisionnement, suscite des inquiétudes en Occident.
- La Chine contrôle une part importante de l’extraction et du raffinage des minéraux critiques, allant jusqu’à 90 % sur certains produits.
- Cette domination lui confère un outil de pression économique et politique, notamment sur l’industrie automobile occidentale.
- Les États-Unis intensifient leurs efforts pour réduire leur dépendance vis-à-vis de la Chine en diversifiant leurs sources d’approvisionnement.
Le développement technologique rapide des dernières années a mis en lumière l’importance cruciale des métaux et minéraux pour l’économie mondiale. Leurs propriétés chimiques et physiques uniques en font des composants indispensables dans de nombreux secteurs, de l’industrie de haute technologie à la sidérurgie.
L’industrie de pointe, en particulier, est fortement dépendante de ces ressources pour la fabrication de produits technologiques courants. Cela inclut les semi-conducteurs, les composants à base de puces, ainsi que les industries qui en découlent : véhicules autonomes et électriques, aimants pour moteurs, aéronautique, spatial, technologies de communication et d’électronique, éoliennes, énergies renouvelables, imagerie par résonance magnétique (IRM) et autres technologies médicales, systèmes de contrôle, photonique, lasers et optoélectronique.
Le besoin de métaux spéciaux ne se limite pas aux secteurs de pointe. Les industries traditionnelles, comme la sidérurgie, nécessitent également des métaux capables de résister à des contraintes mécaniques et thermiques extrêmes.
Les principaux métaux et minéraux concernés sont le fer, le cuivre, le platine, l’or, le titane, le palladium, le scandium, le magnésium, le plomb, le cobalt, le lithium et leurs composés. On y inclut également les métaux rares, plus précisément appelés « terres rares », tels que le néodyme, l’erbium, l’ytterbium, le thulium et le praséodyme.
Il est essentiel de souligner que ces métaux sont des matières premières naturelles extraites en profondeur sous terre. Leur extraction requiert des techniques minières spécialisées ou des forages profonds. Comme le souligne un rapport complet de l’INSS (Institut d’études de sécurité nationale) publié en octobre 2024, ces minéraux sont fondamentaux pour tous les domaines de l’industrie moderne.
L’extraction et la séparation de ces métaux, qui se présentent souvent sous forme de mélanges ou de composés chimiques, nécessitent des installations industrielles spécifiques et l’utilisation de produits chimiques potentiellement dangereux pour les travailleurs et l’environnement.
Au cours des trois dernières décennies, la Chine a investi massivement en Afrique dans l’exploitation minière, le développement des infrastructures et les installations de raffinage des minéraux. Cette stratégie vise à répondre à la fois aux besoins nationaux de la Chine et à ses objectifs géopolitiques stratégiques, renforçant ainsi son économie en constituant des réserves stratégiques et en contrôlant les chaînes d’approvisionnement.
Cette approche s’inscrit dans la vision du président chinois Xi Jinping, qui considère la domination de l’industrie des semi-conducteurs comme un élément clé de la sécurité nationale de la Chine. Parallèlement, le gouvernement chinois investit également dans le développement des ressources minérales nationales et dans l’importation de grandes quantités de minéraux pour les transformer sur son territoire, lui permettant d’accumuler d’importantes réserves et d’exercer un contrôle sur les volumes de consommation mondiaux.
La domination chinoise sur le marché des minerais est devenue un instrument de pression économique et politique, capable, par exemple, de limiter l’industrie automobile occidentale en contrôlant les exportations de matières premières essentielles à la fabrication des batteries de véhicules électriques ou des aimants pour moteurs.
Cette situation inquiète les administrations américaines successives, d’Obama à Biden, et suscite également des préoccupations au sein de l’administration Trump, qui intensifie la guerre commerciale avec la Chine tout en recherchant des accords avec des pays comme l’Ukraine et l’Australie afin de réduire la dépendance occidentale, et notamment américaine, à la Chine.
