Quatorze équipes NBA devraient dépasser le seuil de la « luxury tax » pour la saison 2025-2026, un record depuis 2011. Si cette tendance se confirme, elle ne signalerait pas nécessairement une nouvelle ère de dépenses débridées, mais plutôt une stratégie d’ajustement salarial en cours.
Selon les projections actuelles, quatorze franchises de la NBA se retrouveront au-dessus du seuil de la « luxury tax » (taxe de luxe) pour la saison 2025-2026. Ce seuil, qui existe sous une forme ou une autre depuis 2002, a vu son modèle actuel, plus pénalisant, instauré en 2011. L’année dernière, seulement dix équipes avaient été contraintes de payer cette taxe supplémentaire. Cette augmentation significative suggère que de nombreuses équipes attendent encore le moment opportun pour se débarrasser de contrats jugés trop onéreux.
En effet, il est courant d’observer un plus grand nombre d’équipes au-dessus du seuil en janvier qu’en février, car plusieurs franchises parviennent à réduire leur masse salariale au cours du mois de février pour éviter de dépasser les différents paliers de la taxe.
Analysons donc les quatorze équipes actuellement concernées, en commençant par celles qui ont la plus grosse masse salariale prévue pour 2025-2026. L’objectif est de déterminer lesquelles sont susceptibles de rester au-dessus du seuil, celles qui ont un intérêt particulier à le faire, et celles qui pourraient aider d’autres équipes à atteindre cet objectif.
Comprendre les différents seuils
Avant de commencer, il est important de définir les différents paliers financiers que les équipes cherchent à éviter :
- La « luxury tax » : Il s’agit d’un montant prédéterminé de salaire d’équipe. Le dépassement de ce seuil entraîne une pénalité qui augmente proportionnellement à l’écart. Pour la saison en cours, ce seuil est fixé à 187,895 millions de dollars américains (environ 173,5 millions d’euros). Les sommes versées par les équipes dépassant ce seuil sont regroupées et redistribuées aux équipes qui sont restées en dessous, incitant ainsi à la prudence financière.
- La « repeater tax » : Cette taxe s’applique aux équipes qui ont dépassé le seuil de la « luxury tax » au moins trois fois au cours des quatre saisons précédentes (hors saison en cours). Les taux d’imposition sont alors considérablement plus élevés, surtout si l’équipe continue de dépasser le seuil. Une équipe peut « réinitialiser » son compteur en restant deux années consécutives en dessous du seuil.
- Le premier seuil (ou « apron ») : Fixé à 195,945 millions de dollars (environ 180,6 millions d’euros) pour cette année, son dépassement entraîne des restrictions en matière de construction d’équipe. Les équipes au-dessus de ce seuil ne peuvent pas acquérir plus de salaire par échange que ce qu’elles en envoient, utiliser l’exception de niveau intermédiaire non-imposable (« non-taxpayer mid-level exception ») ou l’exception biennale (« bi-annual exception »), acquérir un joueur via un échange avec compensation (« sign-and-trade ») ou signer des joueurs libérés dont le salaire précédent dépasse le niveau intermédiaire non-imposable. Toute équipe acquérant un joueur par l’une de ces méthodes est soumise à un plafond salarial strict (« hard cap ») correspondant au premier seuil.
- Le second seuil (ou « apron ») : Fixé à 207,824 millions de dollars (environ 191,4 millions d’euros) cette année, son dépassement entraîne des restrictions supplémentaires en matière de construction d’équipe, en plus de celles imposées par le premier seuil. Les équipes au-dessus de ce seuil ne peuvent pas agréger les salaires dans les échanges ou utiliser l’exception de niveau intermédiaire pour les contribuables (« taxpayer mid-level exception »). Le dépassement de ce seuil déclenche également un plafond salarial strict. De plus, si une équipe termine une saison au-dessus du second seuil, son choix de premier tour huit ans plus tard est « gelé », c’est-à-dire qu’il ne peut pas être échangé. Si l’équipe dépasse ce seuil pendant au moins deux des quatre saisons suivantes, ce choix est rétrogradé au 30e rang du premier tour. Si l’équipe reste en dessous du second seuil pendant au moins trois des quatre saisons suivantes, le choix est dégelé et peut être échangé à nouveau.
Cleveland Cavaliers : Au-dessus du second seuil, non récidiviste
Pour Cleveland, il est peu probable de pouvoir se soustraire à la « luxury tax ». Réduire la masse salariale de 22 millions de dollars pour passer sous le second seuil nécessiterait de démanteler complètement l’équipe. Les Cavaliers étaient conscients des implications financières lorsqu’ils ont construit cette équipe. La seule option envisageable serait de réduire la facture, par exemple en transférant Lonzo Ball sans récupérer de salaire en retour, ce qui permettrait une économie d’environ 70 millions de dollars en raison de l’évitement des tranches supérieures de la taxe. Cependant, il n’est pas certain que Cleveland choisisse cette voie, car il s’agit de sa première année avec ce noyau de joueurs et qu’il dispose encore de temps pour ajuster sa stratégie avant que la « repeater tax » ne devienne un problème. Dan Gilbert, le propriétaire, a toujours été disposé à payer des sommes importantes pour une équipe gagnante, et si les Cavaliers justifient ces dépenses sur le terrain, il continuera à les supporter.
New York Knicks : Au-dessus du premier seuil, non récidiviste
Les Knicks peuvent sembler chers, mais leurs dépenses ont été soigneusement planifiées. Ils se situent exactement là où ils le souhaitaient en début de saison, juste en dessous du second seuil pour la deuxième année consécutive. La feuille de paie de New York a été construite dans l’optique d’une période de quatre ans, avec deux saisons au niveau du second seuil avant l’expiration du contrat de Karl-Anthony Towns en 2028 et une éventuelle réinitialisation. Une éventuelle poursuite de Giannis Antetokounmpo cet été pourrait modifier leurs plans financiers, car une telle transaction pourrait nécessiter l’agrégation de salaires, ce qui déclencherait un plafond salarial strict au niveau du second seuil. Mais cela n’a pas d’importance pour le moment. Les Knicks ne réduiront pas leur masse salariale. Ils tenteront probablement de combiner Guerschon Yabusele et Pacôme Dadiet pour acquérir un dernier joueur pour leur banc dans une fourchette de 7 à 8 millions de dollars, mais l’argent n’est pas une préoccupation majeure à New York pour l’instant.
