Publié le 17 janvier 2026. Le procureur général du Minnesota, Keith Ellison, rejoint une coalition de douze États pour contester une nouvelle politique du ministère américain de la Santé et des Services sociaux (HHS) qu’ils jugent discriminatoire envers les personnes transgenres et illégale.
- Le HHS conditionne l’accès à des centaines de milliards de dollars de financement fédéral à l’adhésion des États à une définition restrictive du sexe et du genre.
- La coalition juridique soutient que le HHS n’a pas l’autorité d’imposer de telles conditions et viole les lois protégeant les personnes transgenres contre la discrimination.
- Le Minnesota, pionnier dans la protection des droits des personnes transgenres depuis 1993, s’oppose fermement à cette politique.
Le procureur général Ellison et ses collègues estiment que cette nouvelle politique du HHS, qui exige des bénéficiaires de fonds fédéraux une certification de conformité à un décret présidentiel, nie l’existence des personnes transgenres et impose des définitions du sexe non scientifiques. Cette condition de financement s’applique aux domaines de la santé, de l’éducation et de la recherche, menaçant potentiellement des programmes existants et futurs.
« Il s’agit d’une nouvelle attaque flagrante de l’administration Trump contre la communauté transgenre », a déclaré le procureur général Ellison. « Cette politique du HHS vise à forcer les établissements d’enseignement et de santé du Minnesota à accepter des positions non scientifiques, dépassées et ouvertement discriminatoires sur le genre, malgré les dommages connus et prévisibles que cela causerait aux personnes transgenres du Minnesota et à leurs familles. C’est une tentative supplémentaire de marginaliser nos voisins transgenres et de les exclure de la vie publique. Le Minnesota ne l’acceptera pas. »
La politique du HHS exige que les États, les universités publiques, les agences de santé, les hôpitaux et autres entités bénéficiant de fonds fédéraux certifient leur conformité aux protections du titre IX, telles que définies par le décret présidentiel. Le HHS a averti que le non-respect de cette exigence pourrait entraîner la perte de subventions, le remboursement de fonds et même des poursuites pénales ou civiles.
La plainte déposée par la coalition juridique soutient que le HHS outrepasse ses compétences en imposant ces conditions, qu’il tente illégalement de réécrire le titre IX par voie réglementaire et qu’il viole la Constitution américaine en empiétant sur les pouvoirs budgétaires du Congrès. De plus, elle souligne que cette politique contredit des décennies de jurisprudence et de directives fédérales reconnaissant la protection des personnes transgenres contre la discrimination en vertu du titre IX.
Le Minnesota a été le premier État américain à adopter une loi protégeant les personnes transgenres contre la discrimination avec la loi sur les droits de l’homme du Minnesota (MHRA) en 1993. Cette loi définit l’identité de genre comme « le sentiment inhérent d’une personne d’être un homme, une femme, les deux ou aucun des deux », et les tribunaux du Minnesota ont constamment interprété cette définition comme protégeant les Minnesotans contre toute forme de discrimination fondée sur leur identité de genre ou leur expression de genre.
La coalition juridique demande au tribunal de déclarer la politique du HHS illégale et d’empêcher son application, permettant ainsi aux États de continuer à fournir des services essentiels sans être contraints de faire preuve de discrimination. Outre le Minnesota, les procureurs généraux de Californie, du Colorado, du Delaware, de l’Illinois, du Michigan, du Nevada, de New York, de l’Oregon, du Rhode Island, du Vermont et de Washington ont rejoint cette action en justice.
Les attaques répétées de l’administration Trump contre les personnes transgenres et la réponse du Minnesota
Depuis son entrée en fonction, le président Trump a exprimé à plusieurs reprises son opposition aux droits des personnes transgenres, allant jusqu’à les qualifier de « malades » ou à dénigrer celles qui ne se conforment pas aux normes de genre binaires. Le procureur général Ellison a activement combattu ces actions :
- Le 20 janvier 2025, le président Trump a promulgué un « décret sur l’idéologie de genre », affirmant que « la politique des États-Unis consiste à reconnaître deux sexes, masculin et féminin », et que ces sexes sont « immuables et fondés sur une réalité fondamentale et incontestable ». Le procureur général Ellison a contesté ce décret, arguant qu’il est « incompatible avec des décennies de recherche scientifique et de preuves sur le développement humain » et qu’il « nie l’existence des personnes transgenres ».
- Le 5 février 2025, un « décret interdisant le sport » a été publié, qualifiant les filles et les femmes transgenres d’« hommes » et ordonnant aux agences fédérales de retirer le financement de tout programme éducatif autorisant leur participation à des équipes sportives féminines.
- Le 20 février 2025, en réponse à une demande de la Minnesota State High School League, le procureur général Ellison a émis un avis juridique affirmant que ce décret n’a pas force de loi et ne remet pas en question les protections contre la discrimination prévues par la Constitution et les lois du Minnesota. Cet avis est juridiquement contraignant, sauf décision contraire d’un tribunal.
- Le 22 avril 2025, le procureur général Ellison a déposé une plainte fédérale en réponse aux menaces répétées de l’administration Trump de réduire le financement des écoles du Minnesota si elles ne se conformaient pas aux décrets interdisant aux enfants transgenres de participer à des sports scolaires et niant leurs droits civils.
- Le 23 décembre 2025, le procureur général Ellison, avec une coalition de 20 États, a déposé une plainte pour empêcher le secrétaire du HHS, Robert F. Kennedy Jr., de menacer les prestataires de soins de santé avec une « déclaration » illégale visant à limiter l’accès aux soins d’affirmation de genre pour les jeunes.
