Publié le 30 novembre 2023 10:36:00. Des milliers d’Israéliens ont fait la queue pendant des heures devant l’ambassade du Portugal à Tel Aviv, une scène témoignant d’une volonté croissante de quitter Israël, exacerbée par la guerre à Gaza et la recherche d’une meilleure qualité de vie en Europe.
- L’ambassade du Portugal a organisé une journée de réception en personne pour pallier les dysfonctionnements de son système de demande de citoyenneté en ligne.
- La loi portugaise de 2015, offrant la citoyenneté aux descendants de Juifs séfarades, reste une voie d’émigration prisée par les Israéliens.
- La guerre à Gaza a entraîné une augmentation significative des demandes de passeports européens et une vague migratoire sans précédent.
Tel Aviv a été le théâtre d’une scène inhabituelle ces derniers jours : des milliers d’Israéliens ont patienté, parfois depuis l’aube, dans des files d’attente s’étendant jusqu’aux parkings souterrains de l’ambassade du Portugal. La presse israélienne a qualifié cet événement d’un « mini-exode », reflétant une inquiétude grandissante au sein de la population.
L’ambassade du Portugal a réagi en annonçant une journée spéciale dédiée aux demandes présentées en personne, baptisée « Retour à l’ancien système ». Cette mesure exceptionnelle vise à faire face à l’effondrement quasi total de la plateforme de réservation électronique, submergée par un afflux massif de demandes de citoyenneté et de passeports.
Pourquoi le Portugal ? La loi de 2015, qui permet aux descendants de Juifs séfarades d’acquérir la nationalité portugaise en réparation des persécutions du XVIe siècle, constitue une opportunité pour de nombreux Israéliens. Malgré un durcissement des critères en 2023, le Portugal reste perçu comme une porte d’entrée vers l’Union européenne, offrant liberté de circulation, un coût de la vie potentiellement plus bas, des frais d’université réduits et, pour certains, une alternative à la situation sécuritaire instable en Israël.
La guerre à Gaza, qui a débuté en octobre 2023, est directement liée à cette augmentation spectaculaire des demandes de passeports européens. Les estimations suggèrent que des dizaines de milliers d’Israéliens ont quitté le pays ces derniers mois, tandis que d’autres cherchent activement un « plan B » face à l’incertitude de l’avenir.
Cette scène devant l’ambassade du Portugal n’est pas un cas isolé. Elle illustre une tendance plus large au sein de la société israélienne, marquée par un désir croissant de partir à la recherche de stabilité et d’un avenir meilleur en dehors des frontières de l’État hébreu. Cette situation pourrait marquer le début d’une nouvelle phase de transformations internes en Israël.
