Publié le 21 novembre 2025 01:06:00. Des chercheurs italiens ont mis au point un cocktail innovant à base d’ARN qui pourrait ouvrir de nouvelles perspectives thérapeutiques contre le glioblastome, une forme particulièrement agressive de cancer du cerveau. Cette approche, basée sur l’action combinée de plusieurs microARN, vise à freiner la progression tumorale et à améliorer l’efficacité des traitements existants.
- Un cocktail breveté de 11 microARN (miARN) ralentit la croissance des cellules cancéreuses du glioblastome.
- Cette combinaison améliore la réponse aux chimiothérapies, notamment au témozolomide.
- Les tests ont été réalisés sur des cellules de patients et sur des modèles précliniques, avec des résultats encourageants.
L’équipe de recherche de l’Institut italien de technologie (IIT) a développé ce protocole prometteur, publié dans la revue Molecular Therapy – Nucleic Acids. L’étude démontre que l’association de ces 11 ARN non codants, les microARN, permet de cibler les mécanismes biologiques impliqués dans la prolifération et l’invasion des cellules tumorales. Les premiers résultats, obtenus en laboratoire et sur des modèles animaux, suggèrent une efficacité notable dans la lutte contre le glioblastome, l’une des tumeurs cérébrales les plus agressives et difficiles à traiter.
Le projet a été mené par le laboratoire de neurobiologie des microARN de l’IIT, coordonné par le chercheur principal Davide De Pietri Tonelli, en collaboration avec d’autres laboratoires de l’institut, notamment celui de nanotechnologie pour la médecine de précision, dirigé par Paolo Decuzzi, et le laboratoire de chimie analytique. L’étude a également bénéficié de l’expertise de l’université de Gênes et de l’IRCCS Policlinico San Martino. Le financement a été assuré par la Fondazione AIRC pour la recherche sur le cancer.
Les chercheurs ont ciblé les miARN, des molécules impliquées dans la régulation de l’expression des gènes et jouant un rôle clé dans le comportement cellulaire. En étudiant les miARN impliqués dans la différenciation des cellules souches en neurones – un processus appelé neurogenèse – ils ont identifié ces 11 molécules spécifiques. Lorsqu’une tumeur se développe, les mécanismes contrôlés par ces miARN sont perturbés, permettant aux cellules cancéreuses de proliférer et de se nourrir des vaisseaux sanguins environnants.
« À l’échelle internationale, de nombreux essais cliniques testent des thérapies basées sur l’ARN, qui reposent généralement sur une seule molécule d’ARN que les tumeurs peuvent éventuellement trouver des moyens d’éviter. En utilisant un cocktail de miARN, cette possibilité est réduite, car chaque miARN agit sur plusieurs fronts, donnant aux cellules tumorales beaucoup moins de possibilités de reprendre leur croissance. »
Davide De Pietri Tonelli, coordinateur du laboratoire de neurobiologie des microARN de l’IIT
L’administration de cette combinaison de miARN a été réalisée à l’aide de nanoparticules, une technologie similaire à celle utilisée dans certains vaccins à ARN. Les chercheurs précisent que les méthodes d’administration pourront être adaptées en fonction du type de traitement anticancéreux envisagé. La formulation brevetée a démontré son efficacité in vitro et nécessite désormais une phase de validation avant de pouvoir être appliquée en clinique.
« Cette recherche souligne l’importance de la science fondamentale et la puissance de la collaboration multidisciplinaire, » conclut De Pietri Tonelli. « Nous avons réuni des compétences en neurobiologie, nanotechnologie, chimie analytique et biologie computationnelle, présentes à l’IIT, ainsi que l’expertise clinique disponible dans l’écosystème de la Ligurie. »
Source: Institut Italien de Technologie – IIT
Référence de l’article: Rancati, S., et al. (2025). Synergistic microRNAs suppress human glioblastoma progression by modulating clinically relevant targets. Molecular Therapy – Nucleic Acids. https://www.cell.com/molecular-therapy-family/nucleic-acids/fulltext/S2162-2531(25)00317-8
