Une mère de famille du Massachusetts est aujourd’hui incapable de sortir seule après avoir été détenue pendant dix jours par les douanes et la patrouille frontalière à son retour de vacances, malgré la validité de sa carte verte. Jemmy Jimenez-Rosa, 42 ans, souffre désormais de graves troubles psychologiques, conséquence directe de cette détention qu’elle et son mari dénoncent comme une tentative d’intimidation.
L’incident s’est produit le 11 août à l’aéroport de Boston Logan lorsque la famille revenait d’un séjour au Mexique. Selon Marcel Rosa, son mari, les agents des douanes ont confisqué le passeport péruvien de Jemmy ainsi que sa carte verte, tout en restituant les passeports américains de leurs trois filles (âgées de trois, six et sept ans) et de Marcel.
Jemmy Jimenez-Rosa, arrivée aux États-Unis du Pérou à l’âge de neuf ans, a été transférée entre plusieurs centres de détention dans le Massachusetts et le Maine, dont l’un réservé aux hommes, selon des informations rapportées. Pendant sa détention, elle a dû être transportée en urgence à l’hôpital à deux reprises en raison de problèmes de santé préexistants, notamment le diabète et des allergies, et sa tension artérielle a atteint 198.
Marcel Rosa, ancien agent de la TSA, affirme n’avoir jamais reçu d’explication quant aux raisons de la détention de sa femme. Il indique que les autorités n’ont jamais communiqué les motifs de cette arrestation. « À ce jour, on ne nous a jamais dit », a-t-il déclaré.
L’avocat de l’immigration de Jemmy, Todd C. Pomerleau, dénonce un traitement scandaleux. « Nous n’avons jamais reçu de préavis officiel, ni oral ni écrit, aucune explication concernant sa détention », a-t-il déclaré. « Il ne devrait pas falloir dix jours pour comprendre pourquoi vous retenez quelqu’un en prison aux États-Unis d’Amérique. C’est une violation flagrante de la procédure régulière. Je suis convaincu qu’ils essaient de l’écraser et de la faire abandonner sa carte verte. »
Il est apparu que la détention pourrait être liée à une ancienne accusation de possession de marijuana remontant à 2003, lorsque Jemmy Jimenez-Rosa était étudiante. Elle avait plaidé coupable et effectué une période de probation, l’affaire ayant été scellée plus d’une décennie plus tard. De plus, cette accusation avait été graciée par le gouverneur du Massachusetts dans le cadre d’une initiative de clémence pour des infractions mineures liées à la drogue.
Depuis sa libération, Jemmy Jimenez-Rosa souffre d’anxiété sévère et d’attaques de panique en public, nécessitant des soins psychiatriques. « Ce n’est pas la personne qu’elle était avant », témoigne Marcel. « Nous vivons dans le pays le plus avancé du monde, en médecine, dans les hôpitaux… Personne ne mérite d’être traité de la sorte. C’est inhumain. » La famille a lancé une collecte de fonds en ligne (GoFundMe) pour couvrir les frais juridiques et médicaux.
Marcel explique que même les sorties familiales les plus simples sont devenues impossibles. « Il y a deux semaines, nous sommes allés chez Dave and Buster avec les enfants », raconte-t-il. « Dans les dix secondes après avoir franchi la porte, elle a commencé à trembler et à paniquer. Elle doit être accompagnée de moi ou d’un autre membre de la famille proche car elle ne peut plus sortir seule. »
Lors d’un appel aux douanes pour obtenir des informations, Marcel affirme qu’un superviseur a fait un commentaire alarmant : « On nous a dit qu’ils informeraient les prochains parents si elle mourait. » La famille a déposé un recours en habeas corpus dans les 24 heures suivant l’arrestation de Jemmy.
