Publié le 8 novembre 2025 17h15. Les nouveaux diagnostics de VIH sont en hausse en Italie, et la majorité des infections sont désormais liées aux rapports sexuels. Face à cette situation, les experts insistent sur l’importance du dépistage précoce et des nouvelles méthodes de prévention.
- En 2023, 86,3 % des nouveaux diagnostics de VIH en Italie sont attribuables aux rapports sexuels.
- 77,2 % des personnes diagnostiquées avec le SIDA en 2023 n’avaient pas reçu de traitement antirétroviral avant le diagnostic.
- De nouvelles options de prévention, comme la PrEP et une injection à longue durée d’action, offrent des perspectives encourageantes.
Les cas de VIH continuent d’augmenter en Italie, suscitant l’inquiétude des professionnels de santé. Une proportion croissante de nouveaux diagnostics est liée aux rapports sexuels, soulignant la nécessité d’une sensibilisation accrue et d’un accès facilité aux méthodes de prévention. Lors d’une réunion organisée dans le cadre du « Tempo della Salute » à Milan, des experts ont échangé sur les défis et les avancées dans la lutte contre le VIH.
Selon les données de l’Istituto Superiore di Sanità, plus de trois quarts (77,2 %) des personnes diagnostiquées avec le SIDA en 2023 n’avaient pas bénéficié d’un traitement antirétroviral avant le diagnostic. Une situation jugée inacceptable par le professeur Andrea Gori, spécialiste des maladies infectieuses à l’Université de Milan :
« Du point de vue des thérapies disponibles, nous sommes optimistes, mais plusieurs problèmes nous inquiètent. Dans 55 % des cas, les nouveaux diagnostics sont posés chez des patients atteints d’un SIDA avancé. Ils arrivent au diagnostic non pas parce qu’ils ont fait un test du VIH, mais parce qu’ils présentent déjà des signes de la maladie. »
Andrea Gori, professeur de maladies infectieuses à l’Université de Milan
Il souligne l’importance du dépistage précoce, facilité par des tests accessibles, pour stopper la progression de la maladie.
Outre le préservatif, qui reste la barrière de protection la plus efficace, d’autres méthodes de prévention existent pour les populations à risque. La PrEP (prophylaxie pré-exposition), prescrite par les spécialistes, est remboursée par le service de santé : plus d’informations sur le remboursement de la PrEP. Une nouvelle ère s’ouvre également avec l’arrivée d’une injection à longue durée d’action, capable de prévenir l’infection pendant deux à six mois, avec une efficacité de 100 %. Le Lénacapavir, récemment désigné médicament de l’année par le magazine Science, est déjà disponible aux États-Unis et pourrait bientôt l’être en Italie, après l’approbation de la Commission européenne et de l’Agence italienne des médicaments.
Le député Gian Antonio Girelli insiste sur la nécessité de briser les préjugés et l’hypocrisie culturelle qui persistent autour du VIH :
« Il faut éliminer les préjugés et même l’hypocrisie culturelle qui existent encore ; il est nécessaire de le faire également à travers des processus éducatifs, non seulement des campagnes éducatives dans les écoles, mais aussi sur les lieux de travail et de vie, dans les milieux sportifs, etc. »
Gian Antonio Girelli, député
Il encourage également à banaliser le dépistage, afin de lutter contre la stigmatisation et de protéger la santé collective.
L’humoriste Angelo Pisani, engagé dans la sensibilisation au VIH avec l’association Italy Bares, témoigne de l’importance de communiquer sur cette question avec humour et ironie :
« J’ai entendu véhiculer un message important, comme celui de la prévention du VIH, en tant que parent et en tant qu’artiste, car vous pouvez devenir un passeur de problèmes graves en utilisant l’ironie, qui est une arme supplémentaire pour faire passer le message. »
Angelo Pisani, humoriste
Enfin, le professeur Gori alerte sur la situation en Afrique, où le programme Pepfar, qui finance les traitements antirétroviraux, est menacé. Si le financement n’est pas rétabli, les nouvelles infections pourraient augmenter de 400 % et des millions de personnes pourraient perdre l’accès aux traitements, avec des conséquences dramatiques : on estime qu’ici 2030, près d’un demi-million de personnes pourraient mourir du sida et 2,8 millions d’enfants pourraient devenir orphelins.
