Une vaste enquête pour corruption secoue la puissante fédération syndicale israélienne Histadrout, avec des ramifications potentielles jusqu’aux plus hautes sphères du Likud. Plusieurs ministres sont cités dans des témoignages, bien qu’ils ne soient pour l’instant pas considérés comme suspects.
L’affaire, baptisée « Yad Lochezet Yad » (une main lave l’autre), a pris une tournure inattendue lorsque des enquêteurs du Lahav 433 ont mené une descente aux bureaux de l’Histadrout tôt lundi matin. Plusieurs personnalités de premier plan ont été arrêtées ou placées en garde à vue, dont le président de l’Histadrout, Arnon Bar-David, et son épouse, ainsi que l’agent d’assurance Ezra Gabay.
Selon des informations diffusées par N12, les témoignages recueillis évoquent les noms de plusieurs ministres : Miki Zohar (ministre de la Culture et des Sports), Gédéon Sa’ar (ministre des Affaires étrangères), Yariv Levin (ministre de la Justice), Haim Katz (ministre du Tourisme) et Eli Cohen (ministre de l’Énergie). À ce stade, aucun d’entre eux n’est formellement suspecté, mais la police pourrait les convoquer pour un témoignage volontaire en fonction de l’évolution de l’enquête.
« Je ne comprends pas de quoi je suis censé parler, je n’ai aucun lien avec cette affaire », a déclaré Miki Zohar, interrogé par N12.
L’enquête porte notamment sur des soupçons de détournement de fonds et de vente illégale d’actifs de l’Histadrout, d’une valeur de plusieurs millions de shekels (environ 230 000 euros), via des intermédiaires. Par ailleurs, les enquêteurs cherchent à déterminer si Ezra Gabay, un proche du Likud, a cherché à obtenir des contrats d’assurance auprès de collectivités locales et d’entreprises publiques en tirant parti de ses relations politiques.
La police qualifie cette affaire de l’une des plus importantes enquêtes pour corruption menées depuis des années. Plus de 350 personnes, dont des élus locaux et des dirigeants d’entreprises, pourraient être interrogées dans le cadre de l’enquête. La détention de Bar-David, de son épouse et de Gabay a été prolongée jusqu’au 10 novembre par un tribunal.
Il est important de souligner que toutes les personnes impliquées sont présumées innocentes jusqu’à preuve du contraire.
