Publié le 14 novembre 2025 à 18h36. L’investiture de Juanfran Pérez Llorca à la présidence de la Generalitat semble se rapprocher, après des négociations fructueuses avec Vox, qui conditionnent l’avenir politique de la Communauté valencienne.
- Juanfran Pérez Llorca a rencontré des dirigeants de Vox pour sceller un accord d’investiture.
- Les deux formations politiques ont affiché une “bonne entente” et une “volonté d’accord”, notamment sur la reconstruction suite aux dégâts causés par la “dana” (dépression atlantique notamment active).
- Vox continue de formuler des exigences publiques, notamment en matière d’immigration et de politique sociale.
Les négociations entre le Parti Populaire (PP) et Vox s’accélèrent en vue de l’investiture de Juanfran Pérez Llorca au poste de président de la Generalitat. Le candidat du PP a tenu ce vendredi une réunion avec des responsables nationaux de Vox, au cours de laquelle les positions se sont considérablement rapprochées, laissant entrevoir un accord imminant.
Juanfran Pérez Llorca a souligné sur les réseaux sociaux la “bonne entente” qui a caractérisé cette rencontre, affirmant qu’il y avait une “volonté commune d’atteindre un accord” par “responsabilité” dans la reconstruction des zones touchées par la récente “dana”, un domaine considéré comme une “priorité absolue” par les deux formations. Le dirigeant populaire a également promis d’être “très transparent” dès qu’il y aura des “nouvelles importantes”.
Ces “nouvelles importantes” pourraient se concrétiser rapidement, soit sous la forme d’une annonce officielle de pacte entre le PP et Vox pour l’investiture, soit par l’enregistrement de la candidature de Pérez Llorca auprès des Corts, l’étape formelle nécessaire pour passer à la phase suivante. Le délai légal pour présenter un nom expire le mercredi 19 novembre. Une fois cette étape franchie, la présidence de l’assemblée devra fixer une date pour le débat d’investiture dans un délai de trois à sept jours ouvrables.
Ce calendrier est toutefois conditionné par la convocation de Pérez Llorca en tant que témoin devant la juge en charge de l’enquête sur les dégâts causés par la “dana”, prévue le vendredi 21 novembre. Si le délai est respecté, le débat d’investiture pourrait avoir lieu la semaine du lundi 24 novembre, permettant au PP d’éviter que Pérez Llorca ne se présente devant la justice en tant que président de la Generalitat.
Pacte en bonne voie
La réunion de ce vendredi a été la première rencontre en face à face entre Pérez Llorca et les négociateurs de Vox depuis sa désignation par Alberto Núñez Feijóo pour succéder à Mazón. Au vu des déclarations du dirigeant populaire, les bonnes relations se sont consolidées lors de cette rencontre, ce qui laisse penser que son chemin vers le Palau (siège de la Generalitat) est de plus en plus dégagé. Des sources proches des négociations confirment que le cadre de discussion a été stabilisé et que des progrès ont été réalisés sur certains points précis, bien que les pourparlers se poursuivent.
C’est la première fois que le numéro deux du PPCV (Parti Populaire de la Communauté Valencienne) et maire de Finestrat, qui a déclaré lundi ne rien savoir de sa candidature, se réfère publiquement et ouvertement aux négociations avec Vox depuis sa désignation par Génova (siège national du PP) mardi, confirmant ainsi qu’il pilote personnellement ces discussions.
Le rôle de Pérez Llorca comme interlocuteur avec Vox n’est pas surprenant, étant donné qu’il a été l’artisan de tous les accords conclus par Mazón et Vox au cours de la législature en cours : de l’accord express de gouvernement de 2023 à celui ratifié pour les budgets de 2025, approuvés il y a quelques mois et qui servent de base à cette nouvelle négociation. Pour cet accord, il convient de rappeler que Mazón a dû assumer, lors d’une déclaration télévisée en direct, certains des postulats les plus durs de Vox en matière d’immigration et d’environnement.
Vox et la bataille culturelle
Vendredi, alors que les négociations avançaient en privé, Vox continuait de faire valoir ses positions les plus fermes auprès du PP valencien. Après avoir demandé de ne pas accueillir davantage de migrants, de construire des barrages ou de réclamer que les femmes portant le voile n’aient pas accès au Revenu Valencien d’Inclusion, la dernière exigence a été d’interdire le burqa ou le niqab dans les lieux publics. Des initiatives qui ne relèvent pas de la compétence d’un gouvernement régional, mais auxquelles la direction nationale du PP s’est progressivement ouverte depuis Madrid.
Génova a manifesté ces derniers jours un intérêt particulier à souligner qu’elle “supervisera” tout accord susceptible d’être conclu entre le PP valencien et Vox. Elle souhaite donner une image d’autorité et de contrôle sur l’ensemble du processus, notamment après un début agité où la fédération valencienne s’est agitée en coulisses pour avoir son mot à dire dans la succession de Mazón et éviter une “désignation” venant de Madrid.
En fin de compte, la stratégie élaborée par Pérez Llorca, les barons provinciaux et Mazón avant même d’annoncer sa démission a abouti. En contrepartie, ce mouvement a rouvert les tensions entre Génova et le PPCV, des cicatrices qui ont été suturées au cours du week-end grâce à une série de contacts entre le candidat et Feijóo, qui ont culminé avec un appel mardi entre les deux hommes et qui a conduit à l’annonce de la désignation de Pérez Llorca.
