Publié le 2024-02-29 14:35:00. À l’occasion de la Journée de l’avocat dans l’État du Madhya Pradesh, une critique acerbe est exprimée sur les dysfonctionnements du système judiciaire indien et les difficultés rencontrées par les jeunes professionnels du droit, confrontés à un manque d’opportunités et à une dépendance aux relations.
- Les jeunes avocats du Madhya Pradesh attendent souvent leur premier dossier dans les couloirs des tribunaux, la compétence étant souvent éclipsée par les relations.
- Plus de 50 millions (5 crores) de dossiers sont en instance, entraînant des retards de justice considérables, parfois sur des décennies.
- Les conditions de travail des avocats des tribunaux de district sont précaires, sans infrastructure adéquate ni respect professionnel.
La Journée de l’avocat, traditionnellement un moment de célébration, a été l’occasion d’un constat alarmant sur la réalité du métier d’avocat dans l’État du Madhya Pradesh. Derrière les costumes et les discours, se cache une situation préoccupante pour les jeunes professionnels, qui peinent à s’établir et à faire valoir leurs compétences.
Selon des témoignages, l’accès aux affaires est souvent conditionné par des considérations relationnelles plutôt que par le mérite. Les avocats expérimentés accaparent les dossiers importants, tandis que les juniors se voient contraints d’accepter des honoraires dérisoires, de l’ordre de 5 000 à 7 000 roupies (environ 55 à 75 euros), pour assurer leur subsistance. Cette situation conduit à une perte de talent et à un sentiment d’injustice généralisé.
Le système judiciaire indien est confronté à une surcharge massive de dossiers, avec plus de 50 millions (5 crores) d’affaires en instance. Les délais de jugement sont excessivement longs, certains procès durant 15 à 20 ans, et les rendez-vous successifs sont souvent prétextes à de nouveaux reports. Cette lenteur est perçue par les clients comme un manque de sérieux et une volonté de prolonger les procédures pour augmenter les honoraires.
La situation est particulièrement difficile pour les avocats exerçant dans les tribunaux de district, qui manquent cruellement d’infrastructures et de moyens. Ils sont souvent contraints d’attendre debout dans la chaleur, d’exercer dans des couloirs bondés et sont considérés comme des avocats de “seconde classe”, malgré leur engagement envers la Constitution et ses principes.
Cette réalité contraste fortement avec l’image que les avocats cherchent à projeter, celle d’ “Officiers de la Cour”. La profession est confrontée à un paradoxe : elle prône des valeurs d’intégrité et de justice, mais elle est souvent minée par la corruption et le favoritisme. Il est souligné que le réseautage et les relations priment souvent sur la connaissance et la compétence.
L’article met en lumière l’importance de l’intégrité et de l’éthique au sein de la profession, en évoquant l’avocat qui se bat pour le client pauvre, le jeune professionnel qui travaille dur sans revenus, le senior qui conseille plutôt qu’il n’exploite, et celui qui refuse les dossiers douteux malgré les honoraires proposés. Il appelle à une remise en question profonde des fondations du système judiciaire, afin de garantir un accès équitable à la justice pour tous.
