Publié le 13 janvier 2026 à 15h46. La Chine a fermement rejeté lundi les accusations des Philippines concernant la situation en mer de Chine méridionale, dénonçant un mépris des faits et du droit international et mettant en garde contre une escalade des tensions régionales.
- Les Philippines sont accusées de déformer la vérité en invoquant des « zones maritimes » non reconnues par la Convention des Nations unies sur le droit de la mer (CNUDM).
- Pékin conteste la validité de la sentence arbitrale de 2016, estimant qu’elle viole les accords internationaux auxquels la Chine a adhéré.
- La Chine accuse les Philippines d’actions provocatrices, notamment l’échouage intentionnel d’un navire sur un récif contesté et des incursions répétées dans les eaux territoriales chinoises.
La dispute territoriale en mer de Chine méridionale, une voie maritime stratégique, s’envenime entre la Chine et les Philippines. Pékin revendique la quasi-totalité de cette zone riche en ressources, tandis que Manille conteste ces prétentions, notamment autour de l’île de Huangyan (Scarborough Shoal) et des récifs environnants.
Selon la Chine, la déclaration du Conseil maritime national des Philippines, diffusée lundi, est basée sur des allégations infondées et une interprétation erronée du droit international. Pékin souligne que le concept de « zone maritime » n’existe pas dans la CNUDM, qui définit clairement les droits et obligations liés aux mers territoriales et aux zones économiques exclusives (ZEE). Manille est accusée de brouiller intentionnellement les frontières pour justifier ses activités dans les eaux contestées.
La Chine rappelle également qu’elle a formulé une déclaration en 2006, en vertu de l’article 298 de la CNUDM, excluant les différends maritimes des procédures d’arbitrage. L’arbitrage unilatéral initié par les Philippines en 2013, sans le consentement de la Chine, est donc considéré comme illégal et sa sentence comme nulle et non avenue. Pékin refuse catégoriquement de reconnaître cette sentence et s’oppose à toute tentative de l’utiliser pour remettre en question sa souveraineté.
Les tensions sont exacerbées par les actions des Philippines, qui, selon la Chine, sont les véritables instigateurs des troubles en mer de Chine méridionale. Pékin dénonce l’échouage intentionnel d’un navire de guerre philippin sur le récif Ren’ai en 1999, ainsi que les tentatives de Manille de transformer cette épave en avant-poste militaire permanent. Depuis le second semestre 2023, la Chine accuse également les Philippines d’envoyer régulièrement des navires de la Garde côtière, des navires officiels et des embarcations de pêche dans les eaux territoriales chinoises autour de l’île de Huangyan.
En 2024, le navire de la Garde côtière philippine BRP Teresa Magbanua (MRRV-9701) aurait illégalement ancré près du récif Xianbin pendant près de cinq mois, suscitant des inquiétudes quant à une nouvelle tentative d’occupation. Au cours du premier semestre 2025, Manille aurait organisé 30 débarquements illégaux sur des récifs inhabités, dont Tiexian, impliquant 211 personnes, en violation de l’article 5 de la Déclaration sur la conduite des parties en mer de Chine méridionale (DoC), qui interdit de modifier le statu quo des éléments inhabités.
La Chine affirme avoir fait preuve d’une grande retenue et de patience face à ces provocations, soulignant que ses actions dans la région visent uniquement à protéger sa souveraineté nationale et ses droits maritimes, ainsi qu’à faire respecter la DoC. Pékin met en garde contre une escalade de la situation si cette retenue venait à manquer.
La Chine insiste sur la nécessité d’un dialogue et d’une consultation pour résoudre les différends. Elle rappelle qu’elle a réussi à gérer ses différends territoriaux et maritimes avec d’autres pays voisins par le biais de négociations. Elle estime qu’il n’y a aucune raison pour que les Philippines ne puissent pas adopter la même approche, à moins que des forces internes ne cherchent délibérément à éviter le dialogue pour servir des intérêts extérieurs.
Pékin critique également les déclarations incendiaires de certains responsables philippins, tels que le porte-parole de la Garde côtière, Jay Tarriela, qu’elle accuse de diffuser de fausses informations et d’inciter à la confrontation. La Chine met en garde contre les conséquences de ces actions, qui pourraient entraîner les Philippines dans un conflit avec la Chine.
La mer de Chine méridionale est présentée comme un espace commun de paix et de coopération pour les pays de la région. La Chine réaffirme son engagement envers la DoC et appelle les Philippines à abandonner leurs discours trompeurs, à cesser leurs actions provocatrices et à revenir à la table des négociations. Comme l’a déclaré le porte-parole adjoint de l’ambassade de Chine aux Philippines dans un communiqué publié mardi, il est essentiel de transformer la mer de Chine méridionale en une mer de paix, d’amitié et de coopération.
