Publié le 19 janvier 2024 à 09h07. L’ancienne actrice Mara Wilson, célèbre pour ses rôles dans “Mrs. Doubtfire” et “Matilda”, alerte sur les dangers croissants de l’intelligence artificielle générative pour les enfants, après avoir elle-même été victime d’abus en ligne impliquant son image.
- Mara Wilson révèle avoir été victime d’abus sexuels en ligne impliquant son image avant même d’atteindre l’adolescence.
- Elle met en garde contre le risque accru d’exploitation des enfants avec l’essor de l’intelligence artificielle générative.
- L’actrice appelle à une responsabilisation des entreprises technologiques et à une législation plus stricte pour protéger les mineurs.
Mara Wilson, aujourd’hui âgée de 38 ans, a partagé son expérience douloureuse dans un essai publié dans le quotidien britannique The Guardian. Elle y décrit comment sa notoriété acquise durant son enfance l’a rendue vulnérable à l’exploitation sexuelle en ligne, bien avant l’avènement des technologies d’IA actuelles.
L’actrice, connue pour avoir incarné Matilda Wormwood dans le film du même nom et pour son rôle dans “Mrs. Doubtfire”, explique que son image a été utilisée à des fins inappropriées sur internet, notamment sur des sites à caractère fétichiste et dans des montages pornographiques. Elle a également reçu des lettres inquiétantes de la part d’adultes.
« J’avais été présentée sur des sites fétichistes et photoshopée pour faire de la pornographie. Des hommes adultes m’avaient envoyé des lettres effrayantes. »
Mara Wilson, actrice et militante
Wilson souligne que ni son apparence physique, ni le caractère familial de ses rôles ne l’ont protégée. Elle insiste sur le fait que les prédateurs recherchent avant tout l’accès à des images et à des informations sur leurs victimes potentielles.
L’actrice estime que l’expérience a laissé des séquelles durables, même lorsque les images étaient manifestement modifiées ou que les sites web étaient techniquement légaux. Elle décrit ce vécu comme un « véritable cauchemar » qu’elle ne souhaite à aucun autre enfant.
« Peu importe que ces images “n’étaient pas moi” ou que les sites fétichistes étaient “techniquement” légaux. C’était une expérience douloureuse et violente. »
Mara Wilson, actrice et militante
Aujourd’hui engagée dans la défense de la santé mentale, Mara Wilson s’inquiète particulièrement de l’impact de l’intelligence artificielle générative. Elle craint que cette technologie ne facilite considérablement l’exploitation sexuelle des enfants, rendant potentiellement des millions de mineurs vulnérables.
« Il est désormais infiniment plus facile pour tout enfant dont le visage a été publié sur Internet d’être exploité sexuellement », prévient-elle. « Des millions d’enfants pourraient être contraints de vivre mon même cauchemar. »
Mara Wilson appelle les lecteurs à exiger des comptes aux entreprises technologiques et aux législateurs. Elle plaide pour une responsabilisation accrue des plateformes qui permettent la création et la diffusion de matériel pédopornographique (CSAM) et pour l’adoption de lois et de mesures de sécurité technologiques plus efficaces.
« Nous devons être ceux qui exigent que les entreprises qui autorisent la création de matériel pédopornographique soient tenues pour responsables », écrit-elle. « Nous devons exiger une législation et des garanties technologiques. »
