Publié le 16 novembre 2025. L’allongement de la durée de vie des chiens de compagnie s’accompagne d’une augmentation des cas de troubles cognitifs similaires à la maladie d’Alzheimer chez l’humain, suscitant un intérêt croissant pour la prévention et la gestion de ces affections.
- La démence canine, ou dysfonctionnement cognitif gériatrique, se manifeste par des symptômes tels que l’oubli du propriétaire, l’incontinence et des troubles du comportement.
- Des stratégies de prévention similaires à celles recommandées pour les humains – exercice physique, stimulation mentale et alimentation équilibrée – peuvent aider à atténuer les symptômes.
- Le risque de développer une démence canine augmente considérablement après l’âge de 10 ans, atteignant 68 % chez les chiens de 15 à 16 ans.
À Sapporo, comme ailleurs, les vétérinaires observent une hausse des cas de démence canine, une tendance liée à l’amélioration des soins et à l’espérance de vie accrue des animaux de compagnie. Selon la vétérinaire Mami Irimajiri, spécialiste des troubles du comportement canin au centre médical animalier de l’Université d’agriculture et de technologie de Tokyo, ces affections, connues sous le nom de « dysfonctionnement cognitif gériatrique » ou « syndrome de dysfonctionnement cognitif », présentent des similitudes frappantes avec la maladie d’Alzheimer chez l’humain.
Les symptômes se manifestent progressivement. Les premiers signes peuvent inclure l’oubli du nom de son maître, des épisodes d’incontinence, une augmentation de la peur ou de l’agressivité, des difficultés à se repérer ou à reculer, et des aboiements nocturnes. À mesure que la maladie progresse, les chiens peuvent commencer à tourner en rond ou à errer sans but.
Face à cette problématique, les experts insistent sur l’importance de la prévention. « Tout comme pour les humains, il est crucial de veiller à l’exercice physique, à la stimulation mentale et à une alimentation adaptée », explique Mami Irimajiri.
« Tout comme les humains, il est important de prêter attention à l’exercice, à l’entraînement cérébral et à l’alimentation. »
Mami Irimajiri, vétérinaire au centre médical pour animaux de l’Université d’agriculture et de technologie de Tokyo
L’exercice ne se limite pas aux promenades. Des activités simples comme demander au chien de s’asseoir et de se relever à plusieurs reprises, ou de marcher sur des surfaces instables, peuvent également être bénéfiques, à condition de ne pas en abuser. Pour stimuler l’esprit canin, les « jouets éducatifs » qui distribuent des friandises sont une option, mais des objets du quotidien, comme des boîtes vides, peuvent tout aussi bien faire l’affaire. Il est également possible d’apprendre de nouveaux tours à son chien, même à un âge avancé, et les interactions sociales avec les humains ont un effet thérapeutique.
En matière d’alimentation, une nourriture complète et équilibrée pour chiens est recommandée. Il est préférable d’éviter de préparer les repas de son animal à la maison sans avoir de connaissances approfondies en nutrition canine, et de privilégier les aliments commerciaux formulés pour répondre aux besoins spécifiques de chaque âge.
Une étude publiée dans la revue britannique Scientific Reports met en évidence l’augmentation du risque de démence canine avec l’âge. La prévalence du dysfonctionnement cognitif est de 28 % chez les chiens âgés de 11 à 12 ans, et grimpe à 68 % chez ceux de 15 à 16 ans. Le risque augmente d’environ 68 % chaque année après le cap des 10 ans. Néanmoins, une adaptation de l’environnement de vie, l’utilisation de compléments alimentaires ou de médicaments peuvent contribuer à améliorer les symptômes. Mami Irimajiri souligne l’importance d’une détection précoce : « Dans l’ensemble, la clé est de remarquer tout changement le plus tôt possible ».
(Article original rédigé en japonais par Haruka Ito, département des nouvelles de Hokkaido)
