Publié le 20 décembre 2025 à 13h12. La sédentarité est devenue un véritable fléau de nos sociétés modernes, augmentant considérablement les risques pour la santé. Pourtant, tous les mouvements ne se valent pas : pour bénéficier de ses effets positifs, l’activité physique doit être suffisamment intense.
- Plus de la moitié de la population mondiale ne pratique aucune activité physique régulière.
- Une marche rapide, à un rythme qui accélère le rythme cardiaque, est bien plus bénéfique qu’une simple promenade.
- L’entraînement en force, en complément de l’activité cardiovasculaire, est essentiel pour préserver la masse musculaire et la santé à long terme.
Le mode de vie sédentaire s’est solidement installé comme l’un des principaux défis de santé publique à l’ère contemporaine. Selon les données du Centre de recherche sociologique (CIS), plus de 50 % de la population mondiale ne pratique aucune forme d’exercice physique. Cette réalité inquiétante est directement corrélée à une augmentation des risques de maladies chroniques et de mortalité toutes causes confondues.
Face à cette situation préoccupante, les spécialistes de la santé cardiovasculaire s’accordent sur la nécessité d’encourager une plus grande activité physique, mais insistent sur l’importance de la qualité de celle-ci.
La marche est souvent présentée comme une activité accessible à tous. Cependant, le cardiologue Aurelio Rojas souligne qu’une simple promenade ne suffit pas à être considérée comme un exercice bénéfique.
« Se promener n’est pas faire de l’exercice si l’on ne sollicite pas un minimum son corps. »
Aurelio Rojas, cardiologue
Pour que la marche devienne une véritable activité sportive, il est essentiel de maintenir un rythme soutenu, suffisant pour accélérer le rythme cardiaque et provoquer une légère sensation d’essoufflement.
La marche sportive implique un rythme rapide. Photo:iStock
« Quand les patients me disent qu’ils sont fatigués après une marche, je leur réponds que c’est un excellent signe, que cela signifie qu’ils marchent correctement. », explique le Dr Rojas, insistant sur le fait que cette réponse physiologique témoigne d’une stimulation du système cardiovasculaire.
Le rôle du cœur et la consommation d’oxygène
Selon le cardiologue, l’objectif principal de l’exercice cardiovasculaire est de permettre au cœur de pomper le sang plus efficacement vers les tissus. Ce processus favorise une meilleure absorption de l’oxygène par l’organisme et améliore la consommation maximale d’oxygène, connue sous le nom de VO₂ max.
Le Dr Rojas souligne que ce paramètre est l’un des plus étroitement liés à la longévité. Il défend donc l’idée que l’exercice cardiovasculaire n’est pas une option, mais une nécessité pour préserver la santé à long terme.
« Plus notre capacité à consommer de l’oxygène est élevée, plus nous avons de chances de vivre longtemps et en bonne santé. »
Aurelio Rojas, cardiologue
Plus de mouvement pour abandonner la sédentarité
Pour lutter contre la sédentarité, le spécialiste recommande d’augmenter progressivement l’activité physique quotidienne, en privilégiant des mouvements naturels et, dans la mesure du possible, intenses. Même de petites activités peuvent avoir des effets bénéfiques mesurables.
« Marcher seulement 1 000 pas par jour réduit déjà de 10 % le risque de subir un événement cardiovasculaire », précise le Dr Rojas, ajoutant que cet effet est cumulatif. Plus l’activité physique quotidienne augmente, plus les bienfaits pour la santé cardiovasculaire sont importants.
Le muscle est le principal organe métabolique du corps. Photo:Instagram : @doctorrojass
La musculation en complément
Au-delà de l’exercice aérobique, le Dr Rojas insiste sur l’importance d’intégrer l’entraînement en force à la routine hebdomadaire. Les bienfaits associés à la marche ou à d’autres activités cardiovasculaires sont amplifiés lorsqu’ils sont combinés au travail musculaire.
Le cardiologue rappelle que le muscle est le principal organe métabolique du corps. Avec l’âge, la masse musculaire tend à diminuer, un processus qui s’accélère chez les personnes inactives ou atteintes de problèmes de santé.
« Le corps commence à puiser dans ses propres réserves musculaires, et cela se produit d’autant plus rapidement en l’absence d’activité physique. »
Aurelio Rojas, cardiologue
